jeudi 28 août 2008

appel d'air

Hier soir. Mal au crâne. Nous voilà partis vers le kultūras centrs Rītausma, dans un quartier excentré de Riga (Pardaugava), pour aller voir une représentation de la compagnie française Vélo Théâtre (théâtre d'objet, dont je parlais hier).
On monte dans le tramvajs 8 juste avant de traverser le pont, et on chemine dans des endroits où je n'ai jamais mis les pieds depuis deux ans que je vis ici. C'est très vert (beaucoup d'arbres et des parcs), il y a encore pas mal de maisons anciennes, en bois. On a l'impression, arrivés à l'arrêt kandavas iela, d'être à la lisière de la ville, qui pourtant s’étend encore bien au-delà.
C’est un homme seul qui joue avec divers objets sur un lit qui semble suspendu dans le vide, au-dessus d’une ville, la nuit. Tous ses gestes sont lents et minutieux, comme s’il menaçait de tomber du lit s’il faisait des mouvements trop brusques.
Ça parle de la solitude de cet homme.
En sortant, nous avons attendu le tram dans la nuit, et l’on a vu apparaître deux ronds de lumière au loin, qui trouaient le noir et le silence de la nuit. Ça avait un côté irréel qui prolongeait l’ambiance de la pièce que nous venions de voir. J’ai également pensé au Chatbus de Mon voisin Totoro.
En traversant à nouveau la Daugava, mais dans le sens inverse et de nuit, j’ai fait particulièrement attention à la façon dont le pont de chemin de fer était éclairé. Et bien, je peux le dire, ce pont, qui rappelle l’époque industrielle de jour avec ses structures en fer arquées, était éclairé de façon à paraître moderne, de nuit. Maintenant il aura deux visages dans mon souvenir.

mercredi 27 août 2008

et aujourd'hui... c'est mercredi

bu trop de café. Ai pris une sorte de thé yogi aux vertus apaisantes par derrière pour contredire les effets de la caféïne. Je crois que ça commence à marcher, la tension descend. Ce soir théâtre d'objet, c'est-à-dire non parlé si j'ai bien compris. Si ça vaut le coup, je glisserai une note dessus.
Ai vu Mamamia, ai eu envie de danser et chanter pendant tout le film (contrairement à d'autres, restés engoncés dans leur scepticisme vis-à-vis des "films où ça chante"). Bah, j'ai trouvé ça bien ficelé, et par un samedi après-midi pluvieux sur la Baltique, les îles grecques ça passe bien ma foi.
La veille, j'ai mis les pieds dans une salle de sports à machines bizarres pour la première fois de ma vie, au 27è étage de l'Hôtel Reval.
L'intérêt c'est qu'à cette hauteur, t'as pas l'air con quand tu pédales sur ton engin, car y a personne pour te regarder par la vitre.
L'autre intérêt, et pas des moindres, c'est que tu pédales, cours, et soulèves des altères (enfin les autres, pas moi) en regardant le paysage de la ville qui s'étend à nos pieds. Je vois des petites lumières qui s'allument sur la rive opposée de la Daugava, sous l'hôtel Radisson, le ruban du fleuve qui brille quelques secondes lorsqu'un soleil rouge et crépusculaire fait son apparition à l'Ouest, sous la calotte de nuages (il aura mis une journée entière à réussir à la transpercer). Il y a la vieille ville, que l'on domine entièrement d'ici, ses clochers rouges et ses toits couleur brique, bien confinée dans ses anciens murs, et collée au fleuve.
Mais le plus grand intérêt finalement de cette salle de sports haut perchée, c'est le sauna adjacent dans lequel on peut larver après.
J'y suis seule, la température est supportable et permet d'y rester plusieurs minutes sans perdre connaissance, et il y a une grande baie vitrée par laquelle on peut suivre la disparition de la lumière, et la descente de la nuit sur la ville. J'y suis restée très longtemps je crois, avec quelques interruptions douche froide. C'était bien.

lundi 25 août 2008

today it's monday

un petit mot tiré du milieu de ma flemme, pour injecter un peu de vie à ce blog, car, si en plus d'être à peine né, il est déjà déserté, il ne se relèvera pas.
Mais forcément, le scepticisme est là qui nous fait poser la question: à quoi ça sert? pas à grand-chose. Et même en essayant de rendre le contenu léger ou anecdotique, il y a toujours une façon de parler de soi qui est énervante (n'est-ce pas pascal?).
Il y a déjà tant de moi(s) sur la toile, que de rajouter le sien est tout à fait dérisoire. Alors, est-ce qu'on le fait par goût de l'absurde?Ptêtre bien.
Météo: ciel bas et pluvieux (le pendule l'avait bien dit)
programme: prendre des RDV (manucure? masseur?)
bu trop de café. Ai pris une sorte de thé yogi aux vertus apaisantes par derrière pour contredire les effets de la caféïne. Je crois que ça commence à marcher, la tension descend.
Ce soir théâtre d'objet, c'est-à-dire non parlé si j'ai bien compris. Si ça vaut le coup, je glisserai une note dessus.
Ai vu Mamamia, ai eu envie de danser et chanter pendant tout le film (contrairement à d'autres, restés engoncés dans leur scepticisme vis-à-vis des "films où ça chante"). Bah, j'ai trouvé ça bien ficelé, et par un samedi après-midi pluvieux sur la Baltique, les îles grecques ça passe bien ma foi.
La veille, j'ai mis les pieds dans une salle de sports à machines bizarres pour la première fois de ma vie, au 27è étage de l'Hôtel Reval.
L'intérêt c'est qu'à cette hauteur, t'as pas l'air con quand tu pédales sur ton engin, car y a personne pour te regarder par la vitre.
L'autre intérêt, et pas des moindres, c'est que tu pédales, cours, et soulèves des altères (enfin les autres, pas moi) en regardant le paysage de la ville qui s'étend à nos pieds.Je vois des petites lumières qui s'allument sur la rive opposée de la Daugava, sous l'hôtel Radisson, le ruban du fleuve qui brille quelques secondes lorsqu'un soleil rouge et crépusculaire fait son apparition à l'Ouest, sous la calotte de nuages (il aura mis une journée entière à réussir à la transpercer).
Il y a la vieille ville, que l'on domine entièrement d'ici, ses clochers rouges et ses toits couleur brique, bien confinée dans ses anciens murs, et collée au fleuve.Mais le plus grand intérêt finalement de cette salle de sports haut perchée, c'est le sauna adjacent dans lequel on peut larver après.
J'y suis seule, la température est supportable et permet d'y rester plusieurs minutes sans perdre connaissance, et il y a une grande baie vitrée par laquelle on peut suivre la disparition de la lumière, et la descente de la nuit sur la ville.J'y suis restée très longtemps je crois, avec quelques interruptions douche froide. C'était bien.

vendredi 22 août 2008

deuxième moment de prédilection

C’est le soir, au moment où je me couche.
Je ressens la fatigue (mais d’où vient-elle celle-là ?), et apprécie comme un moment rare la possibilité de donner libre cours à mon sommeil, de rester quelques minutes, la lumière allumée, et de se laisser glisser très doucement, très doucement dans le sommeil : la conscience du réel s’éparpille, la réalité gagne en inconsistance, je sens que mon esprit prend congé lentement du jour qui vient de s’écouler, et que s’ouvre une vie parallèle, inconsciente, souvent absurde, significative aussi si je m’en souviens le lendemain suffisamment pour y penser, cette fois-ci consciemment.
Bref, ce moment de l’endormissement, c’est un moment de prédilection.
C'est peut-être bête, mais c’est ainsi : je goûte particulièrement le plaisir de pouvoir dormir, l’esprit en paix, dans un vrai lit, qui plus est le miens, je goûte à la chance de bénéficier d’un tel confort, et très égoïstement, je pense à combien cela doit être difficile de ne pas avoir de maison, de lit pour s’endormir, bref, je pense à toutes ces situations d’inconfort physique et moral qui se présentent dans la vie, et je goûte mon propre confort, comme une chance.
On pourrait s’étendre longuement sur le sujet, décrire les diverses étapes qui font que l’on s’absente en quelque sorte de soi - tiens, soudain je repense vaguement à un rêve que j’ai fait cette nuit, mais les images qui me reviennent sont trop floues, je n’y lis rien -, cet enfouissement dans quelque chose de nécessaire, qui prend la relève de la conscience et certainement la soulage, nous fait oublier, nous fait nous souvenir, remet en lumière les épisodes traumatisants de la journée ou de la vie en général, les étudie à une lumière différente, certainement nous aide à les digérer etc.
Il y a un tel plaisir parfois à se coucher ! mais il faut que ce soit au bon moment, assez tard pour réellement sentir la fatigue, et mieux encore après avoir bu (oups), et c’est alors un soulagement, un confort encore une fois, qui est rare.

premier moment de prédilection

Il y a deux moments que j'apprécie particulièrement dans une journée, surtout depuis que je ne fais plus grand chose en réalité, et que je n'ai par conséquent aucune pression sur les épaules, si ce n'est celle de la société (tu vas trouver du travail à la fin?)

Le premier c'est le matin, je quitte l'appart tranquillement en oubliant forcément quelque chose à l'intérieur, descends rapidement les 7 étages, ouvre la porte qui donne sur la cour, et me retrouve dehors : je hume cet air, assez doux car c'est l'été (même si on ne dirait pas), souvent chargé d'humidité, et je suis contente. Je traverse la cour, arrive dans la rue, et continue de humer, de sentir, car avant on ne se rend pas bien compte, la cour étant un espace clos, et l'air sent le matin, la fraîcheur de la pluie, ou de rares fois la chaleur à venir. Ce que j'aime en particulier, c'est ce petit moment situé entre deux moments: celui où je débarque à l'extérieur et celui où je m'engouffre dans un autre intérieur, ce petit moment entre la sortie de mon immeuble et l'entrée dans l'immeuble du CCF.

S'il y a du soleil, je marche le long du trottoir éclairé, je souris aux glaces qui tapissent le casino derrière l'hôtel Reval Latvia, je traverse la rue Brivibas (liberté) et marche vite, en pensant au café que je vais me servir en arrivant au centre (un vrai rituel).

S'il pleut, comme aujourd'hui, je hume l'air qui me fait penser à la Bretagne (douceur et humidité), m'imagine pendant quelques instants là-bas, au milieu des hortensias, dans le gris-bleu du ciel, puis retrouve le pavé familier de la rue Dzirnavu (rue du moulin), me mets à l'abri de la galerie qui prolonge le mur devant le casino, m'engouffre dans une petite galerie commerçante, m'arrête au dernier magasin sur la droite, le gastronome, pour acheter, (si le hasard est avec moi car ils n'en ont pas tous les matins), un chausson aux pommes à peine sorti du four, tiède sous le papier, que le gras du chausson traverse évidemment très vite, pour former des auréoles brillantes, qui au passage graisseront un peu le fond de mon sac, chausson que je mange une fois installée derrière mon "poste de travail" (en l'occurrence poste de glandage actif), une fois mon café noir servi dans une des grandes tasses à motifs variés, parfois publicitaires, que je choisis avec circonspection chaque matin: celle-là ou bien celle-là?

la bleue ou la orange?

Pendant que j'écris ces mots, la pluie, dehors, s'est affermie (bizarre pour de la pluie mais je trouvais ce verbe avantageux): elle tombe fort et comme les fenêtres sont ouvertes, nous jette son tapage à l'intérieur.

Et oui il pleut, il pleut pas mal même aujourd'hui. D'ailleurs c'est fou comme il pleut dans ce pays! Je n'ai jamais connu ça, un pays où il faisait aussi mauvais temps.

Météopathes s'abstenir!

Si je mettais en ligne tous les textes que j'ai écrits depuis que je suis ici, on verrait qu'effectivement, rares ont été les fois où j'ai parlé du beau temps.

Je parle je parle et j'en ai oublié mon sujet, du coup mon deuxième moment de prédilection va passer à la trappe. tant pis!

déluge

C'est le déluge à Riga en cette fin du mois d'août il n'arrête pas de flotter - un vrai temps de rentrée scolaire... toujours la tête dans ma paperasse De temps en temps je la relève, et je me demande ce que je vais faire, et où je serai, dans un mois, six mois, dans deux ans, et je n'en ai aucune idée, et je trouve ça plutôt bien de ne pas savoir de quoi demain sera fait (sentiment de liberté) même si la contrepartie est l'incertitude, et l'image d'un avenir non assuré (sentiment de précarité).C'est quand même plus drôle de ne pas savoir, même si parfois on fait semblant de s'énerver après toute cette incertitude qui nous encombre et dont on voudrait se débarrasser.
Hier suis allée à une expo, jeunes peintres lettons de l'école des Beaux Arts de Riga, toiles datées de 2008 pour la plupart, exposées dans une sorte de vieil appartement datant de l'époque communiste: tapisseries fânées qui se décollent, tringle à rideau tordue au-dessus d'une fenêtre, parquet irrégulier, créant un labyrinthe de petites pièces, anciennes chambres, cuisine et autres pièces à vivre, sur les murs desquelles de grandes toiles étranges et figuratives donnent un aperçu de l'état d'esprit et du positionnement de ces jeunes artistes : mise à distance et critique de la société, désir de fuite dans un monde visiblement plus coloré, plus ludique, voire fantastique (influence de la bande dessinée), portraits humains volontairement neutres etc. Comme il s'agissait d'un vernissage, un garçon préposé à l'accueil offrait aux visiteurs des petits gobelets de plastique, avec dedans un mélange vodka-jus de tomate-tabasco.
Je viens de prendre la flotte et suis fatiguée.

mercredi 20 août 2008

la langue maternelle

Ai achevé le bouquin de Vassilis Alexakis; un peu comme le précédent que j'avais lu (Les mots étrangers), c'est un bouquin attachant, peut-être autant pour sa vacuité que pour son contenu. La quête du sens de l'Epsilon ne fait pas vraiment illusion, c'est un prétexte, tombé comme un masque assez rapidement, pour parler d'autre chose, de sa mère surtout, mais par tant de détours parfois que l'on ne sait plus bien si l'auteur lui-même sait ce qu'il veut nous raconter.
On ne s'ennuie pas, on le suit dans ses déambulations qui n'ont pas toujours grand intérêt (peut-être pour lui non plus d'ailleurs), ce qui donne l'illusion d'un texte écrit au fil de la plume sans idée d'ensemble, l'ensemble se dessinant au fur et à mesure de l'écriture et presque accidentellement dirait-on.
On s'y sent chez soi facilement et l'on est presque reconnaissant à l'auteur de ce manque de génie (ou de son art d'y faire croire?)

lundi 18 août 2008

Vassilis Alexakis

Ai lu avec plaisir Les mots étrangers (Stock 2002), petit livre court sur la décision prise par l'auteur, Grec, mais installé en France depuis 1968 et écrivant dans les deux langues, d'apprendre, sans raison particulière, le sango, langue vernaculaire parlée autour de Bangui, en République Centrafricaine, et les conséquences de l'apprentissage d'une langue étrangère (à la différence du français et du grec), qui le font, contre toute attente, se retrouver, se rapprocher de ce qu'il est. (du moins c'est ce que j'en ai compris) bref c'est bien. Maintenant je lis La langue maternelle (Fayard, 1995), mais ne suis pas aussi séduite, même si ça se lit très bien. Il y a un charme particulier au premier, écrit plus tard, que je ne retrouve pas dans celui-ci (mais j'en suis qu'à la moitié). Affaire à suivre. Cf interview avec V.Alexakis à propos de Les mots étrangers en lien.

vendredi 15 août 2008

c'est encore moi

De retour à l'abri (enfin je l'espère) des outrecuidances de la pub re-bienvenue chez moi c'est comme une nouvelle maison - mais celle que je quitte était à peine entamée- je bâtis dans le vide, ça s'écroule dans le vide et on recommence voyons voir un peu ce que ça va donner...