c'est un beau dimanche. Les portes-fenêtres claquent de temps en temps, et avec les klaxons qui retentissent parfois ce sont les seuls bruits que l'on entend.
J'écris au soleil, qui arrive de biais sur le clavier et dans mes yeux.
En face et deux étages en-dessous les voisins prennent le café fenêtre ouverte.
Qu'est-ce qu'il fait beau et qu'on est bien, tranquillement assis au soleil à écouter les bruits de la rue, la rumeur douce du monde en bas.
Hier la fête a duré mais ça n'est pas la fatigue qui m'a envoyée me coucher, juste une lassitude de boire du vin et de fumer, et puis une lassitude tout court.
Un fond de mal de tête survit de la journée d'hier. Nous avons fait un mafé (?) au poulet, à la pâte d'arachide et aux légumes, c'était bon. Du coup j'ai remisé le pot-au-feu pour une prochaine fois. Il y a des artichauts à faire cuire aussi.
Peu dansé hier, pas assez, mais cette lourdeur dans la tête, qui m'a poursuivie toute la journée et s'est réveillée dans la soirée n'était pas incitative. Le manque de souffle également...
Avant la soirée, j'avais commencé à regarder La graine et le mulet, que je terminerai aujourd'hui une fois la nuit tombée car maintenant il fait bien trop beau pour regarder un film. Je reste là, immobile et flemme, tel un lézard, avec seulement les doigts qui dansent sur le clavier de temps à autre.
Il est 15h00.
Dans la rue, des hommes parlent dans une langue que je ne comprends pas, et l'on entend de la musique au loin, par intermittences, portée par l'air.
Le soleil tourne et naissent des impressions de lenteur dans la perception du temps.
On se plaint souvent de la vitesse à laquelle passent les jours, et les week-end plus encore, mais à défaut de ralentir le temps, on peut essayer de modifier notre perception de celui-ci, en prenant le temps de ne rien faire justement: dans cette immobilité les minutes semblent plus longues.
Si l'on regarde attentivement le temps passer, on se défait de cette impression de fuite vers l'horizon, de course; il passe, oui, mais lentement, sans hâte et sans but.
Le temps se promène, car c'est dimanche.