lundi 31 août 2009

Back to day number 5

C'est à la campagne. Le hameau s'appelle Saint-Loubert, on doit être à 20 kilomètres au sud de Marmande, au confluent du Lot-et-garonne, des Landes et de la Gironde.
D'un côté la campagne vallonnée, encore verte sous le cagnard d'août, de l'autre les pins de la forêt landaise qui s'étend jusqu'à l'Océan.
Hier baignade dans le Ciron. Eau fraîche, fond sablonneux, reflets dorés du soleil au travers des branches; cela forme des taches claires et clairsemées dans l'eau.
Champs ensoleillé à côté de la rivière où l'on sèche sur un lit d'herbes coupées. C'est particulièrement bucolique.
Marché nocturne à Grignolles avec le Mario's band, qui est un duo de compétition: un vieux en chemise rouge satinée semble en train de mourir tranquillement sur son accordéon et sa boîte à rythme, tandis qu'une chanteuse à la voix masculine essaie de lever les convives sur Etoile des neiges.
On dort à la belle car ce sont les nuits des étoiles.
Douceur incroyable de l'air: au petit matin il ne semble même pas y avoir de rosée. Je tourne la tête vers l'Est pour voir s'allumer le ciel avant de me rendormir un peu.
Plus tard dans la journée, c'est préparation de la tarte aux poires-prunes du jardin, puis on part se baigner dans un étang bondé près de la Réole.
A 20h, devant une interprétation de textes de Nougaro, il fait encore un sacré cagnard. Personne ne s'est assis sur les chaises disposées en face de la petite estrade mais on s'est tous installés dans l'herbe et dans le semblant d'ombre d'une haie, loin de la scène.
Le ciel est indéfectiblement bleu. Beaucoup de lagerstramias (?) le long des routes et des albizias de temps en temps.
Un vague nuage émerge difficilement au-dessus des platanes qui longent la Garonne et une série de parachutes apparaît à ce moment-là dans le ciel.
Les interprètes de Nougaro sont plutôt mauvais, la chaleur n'aidant pas, il y a comme un ennui qui flotte dans l'air. Mais un ennui estival, qui ne gêne personne.
Re-nuit à la belle étoile, mais le ciel est moins limpide que la veille.

Retour

Voilà, vacances achevées.
Plein de trucs à raconter mais je n'ai pas mon petit carnet sur moi, celui où je notais les quelques points saillants de chaque jour écoulé.
Le soleil est toujours aussi éclatant dehors, il aura aimablement accompagné tout ce mois d'août et débordera peut-être sur septembre.
Profitons de ce miel d'un été qui n'est pas encore parvenu à son terme.

vendredi 21 août 2009

Cerdagne

Demain je pars à l'aube pour les Pyrénées. Après rame, rame, rameurs, ramez, ça sera marche, marche, marcheurs, marchez

Mauzac

Nous avons quitté à regret les bords de Dordogne. Cependant nous sommes parties à point : on sait quand il est temps de partir bien que nous guette l'envie de rester. C'est une lucarne quelque part qui reste éclairée tandis que dans la nuit nous nous éloignons.

A Mauzac, les pieds dans l'eau, le temps s'est écoulé de la façon dont s'écoule le bon temps, le temps des vacances, le temps de l'été, au rythme de l'eau qui coule - et à cet endroit la Dordogne semble presque immobile.

Un léger courant nous tire imperceptiblement vers le barrage quand on y flotte, mais quand on regarde sa surface sombre c'est le calme qui règne.

Pas que les pieds dans l'eau; le corps en entier, les cheveux la tête, les baignades qui se prolongent jusqu'au crépuscule, depuis le ponton en face de l'école de voile, depuis le canoë abandonné au milieu de la rivière, depuis le pont de chemin de fer duquel on s'amuse à sauter entre deux TER, depuis la sorte de gabare, cette grosse barque plate rustique tout en bois qui nous mène jusqu'à Trémolat, puis que nous ramenons avant la nuit à son port d'attache, en remorquant sur le dernier kilomètre un voilier en panne de vent.

Il fallait voir ça, les trois naïades à la proue, au-dessus de l'eau moirée scintillant dans le crépuscule, fières, et c. à la barre, aussi fier que nous, pour des raisons différentes mais qui se rejoignent sans doute au fond.

Et puis le jour d'avant, le départ tôt le matin vers une portion de la Dordogne qui laissait à découvert des cluzeaux pour quelques heures encore, avant la remontée des eaux; et nous voilà, à 4 dans un canoë, à l'affût de trous creusés dans le calcaire des berges, dans les brumes du matin qui s'évaporaient au fur et à mesure que la chaleur s'installait.

Et puis le jour d'encore avant, la longue remontée de la rivière en canoë jusqu'après les cingles et les ponts, absolument seules sur l'eau, la rivière qui semble nous appartenir pour quelques heures, l'accostage sur une berge ombragée pour le pique nique et une sieste dans le foin qui borde des champs de maïs plantés dans la boucle; puis la redescente tranquille dans le milieu de l'après-midi, où l'on passe du temps à nager à côté du canoë, à le tier, à le pousser autant qu'à pagayer.

La fête du village aussi, les lampions sous les catalpas, les loupiotes colorées sous la tonnelle, les grandes tablées dressées jusqu'au port pour l'occasion, les étoiles qui tombent dans l'eau de la rivière toute noire.

Puis avant-hier soir je crois, le repas sous la voûte céleste et face à la rivière, dans le village où règne un calme campagnard.

Plus tard, allongées sur le quai, le décryptage du ciel: Pégase, Cassiopée, le Dauphin, la Grande Ourse et la Petite, Hercule, le Cygne, le Serpent, la Couronne, le Sagittaire, et les étoiles filantes...

Le petit déjeuner au même endroit le lendemain tôt, la rivière est encore dans ses brumes, avant le départ en gabare. Le bruissement des hirondelles qui tournoient dans le ciel, la glycine et le bruit du barrage le soir.

Mais il y tant de choses à dire encore...

jeudi 13 août 2009

ce midi c'est poisson

Et je cherche à Mauzac-et-Grand Castang une petite bicoque en bord de Dordogne pour passer quelques jours les pieds dans l'eau; ou bien nous opterons pour le gîte du club de voile. Et on fera de la voile et du canoë et du vélo et on se baignera dans la rivière.

Ou bien on part à la mer? Tu connais Soulac?

Ce midi c'est poisson, du lieu jaune et non de la truite à l'auvergnate comme hier au col de Ceyssat. Hier ça sentait les pins, aujourd'hui c'est fournaise sur la terrasse au moment du café. Vite vite de l'ombre.

C'est l'heure de la sieste, je m'en vais en digestion.

mercredi 12 août 2009

retour aux sources

Si de sources on peut parler.
J'ai décidé de quitter Paris en comptant les jours: jour n°1: ci ça et ça, jour n°2 etc.
Retour vers des terres familières (et -iales).
Les deux foyers de peuplement celte en France sont l'Auvergne et la Bretagne; j'ai pour l'instant fait un semi-retour aux sources. Sur la route, j'ai observé de très près les nombreux bouleaux qui s'y baladaient.
Autour du Puy-de-Dôme des parapentes; ciel dégagé, nombreux randonneurs, auberge de montagne avec cartes postales à la hauteur des cimes.
Pins, lacs, pédalos.
Sur la route on s'arrête dans une fromagerie qui jouxte une coopérative laitière; les prix défient toute concurrence (et toute poésie).
En parlant de poésie, les courbes douces et vertes de la campagne et de la chaîne des puys m'ont rappelé la jupe odorante d'Evadné.
Là on est arrivé dans un autre de mes bercails. Le soir s'approche, temps délicieux. je dois réapprendre à être sage.

vendredi 7 août 2009

waouh

waouh quelle fatigue aujourd'hui... j'aurais besoin d'allumettes pour mes yeux, d'un fauteuil à roulettes avec commande vocale pour me déplacer au bureau, d'un tapis volant pour aller acheter de quoi manger, d'une bombonne d'eau avec intraveineuse pour me réhydrater, d'un peigne pour me coiffer, d'un lion pinut butter pour trouver l'énergie de travailler, de sous-vêtements propres pour satisfaire à l'ambiance hygiéniste qui sévit en ce moment, d'une machine à penser à ma place, d'un lit, une natte, un tapis de sol, bref quelque chose où l'on puisse s'allonger, de drogue et d'un anti-cernes.
Rien de tout ça n'étant possible, je vais remédier aux carences de la réalité en faisant illusion toute la journée

jeudi 6 août 2009

la visite au château

Hier, en sortant du travail, j'ai pris le transilien jusqu'à Versailles pour aller récupérer la 4L, que j'avais garée quelque temps auparavant dans l'avenue bordée d'arbres qui mène au château.
Le mois d'août est propice à une balade dans le parc, que je ne connaissais pas.
Nous nous sommes dirigés vers les grilles dorées tandis que les gens repartaient.
19h30 un soir de plein été.
Je n'étais jamais venue au château de Versailles.
La foule des visiteurs s'était dispersée, et je découvrais à la lumière flambante du soir le parc et l'incroyable perspective des bassins reflétant le soleil encore fort à cette heure.
Le château était rutilant tant on l'avait frotté, affecté d'un éclat presque artificiel.
Eclairé de plein fouet par le soleil qui déclinait à l'Ouest pour aller se noyer dans la perspective exacte des bassins et du parc, la pierre lavée de la crasse des siècles brillait crûment.
Laissant le château flambant dans notre dos nous sommes descendus à gauche vers les jardins, les fleurs et les arbustes taillés en boules, par un grand escalier qui s'en va vers un étang ou quelque chose qui porterait idéalement un nom plus raffiné, qui ressemblait cependant à un étang bordé de pelouses accueillantes sur lesquelles quelques promeneurs du soir s'étaient affalés.
Nous n'avons pas franchi les grilles dorées qui mènent à l'étang mais sommes revenus par les grandes allées plantées vers la perspective centrale.
Je me suis souvenu avoir fait un exposé sur Versailles et l'architecture de la toute-puissance à l'université mais n'en ai rien retenu.
Une fontaine avec des angelots ou bien des grâces, une cour hexagonale aux portiques taillés dans des marbres exotiques, les bois qui courent touffus et sombres juste de l'autre côté des treillis de bois et qui offrent ce contraste mystérieux avec la stricte symétrie des allées.
Restée longtemps à admirer la magnifique perspective du long bassin qui s'en va vers le couchant et la forêt, les mains au-dessus des yeux dans la forte réverbération du soleil sur l'eau, avec les taches noires de quelques cygnes glissant à la surface.
Puis assise sur une marche qui s'approchait de l'eau pour y tremper les pieds dans le calme et la beauté du soir sur le parc qui se vidait.
Il s'est passé quelque chose de magique dans cette promenade au parc, dans cette lumière aveuglante sur l'eau des bassins majestueux, dans la contemplation silencieuse de toute cette beauté, comme un instant d'éternité.
Il n'y avait presque plus personne dans le parc quand nous sommes revenus vers le château par le bassin de Neptune, que j'ai beaucoup admiré.
Cette impression rare d'être seul dans un endroit habituellement noir de monde, seul avec quelques autres à partager en silence la descente somptueuse du soleil au-dessus des bassins.
A 21h, le soleil se trouvant dans un alignement parfait avec le château, nous avons quitté le parc.

mercredi 5 août 2009

Evadné

"L’été et notre vie étions d’un seul tenant

La campagne mangeait la couleur de ta robe odorante

Avidité et contrainte s’étaient réconciliées

Le château de Maubec s’enfonçait dans l’argile

Bientôt s’effondrerait le roulis de sa lyre

La violence des plantes nous faisait vaciller

Un corbeau rameur sombre déviant de l’escadre

Sur le muet silex de midi écartelé

Accompagnait notre entente aux mouvements tendres

La faucille partout devait se reposer

Notre rareté commençait un règne

(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière

En tournant chaque nuit la page consentie

Veut que chaque part de toi que je retienne

Soit étendue à un pays d’âge affamé et de larmier géant)

C’était au début d’adorables années

La terre nous aimait un peu je me souviens."

René Char

mardi 4 août 2009

Pleins feux sur la place de Catalogne

Et le pan incliné de sa fontaine qui ruisselle au soleil, avec quelques pigeons les pattes au frais au milieu.
Pleins feux sur la place de Catalogne qui n'a aucun intérêt si l'on s'y arrête mais qui en a cependant lorsqu'on ne fait que la traverser, en laissant sur sa droite la rue du château qui se prolonge dans le boulevard Pasteur au fond duquel s'élève la Tour Eiffel, que je salue au passage clouté.
("Au milieu de la place, la fontaine de Shamaï Haber est un immense disque incliné de granit où l'eau ruisselle.")
Ensuite je passe sous l'arche qui relie les deux ensembles de l'immeuble dit néo-classique de Ricardo Bofill, emprunte sur une quinzaine de mètres les pavés de la rue Vercingétorix et pénètre place de l'Amphithéâtre, que je traverse en courant car je suis généralement en retard, mais je regarde quand même les roses au passage, c'est le plus important les fleurs.
Il y a là une belle pelouse verte et des fleurs, mais c'est un décor, on n'a pas le droit de s'y allonger, ou bien aucun n'a imposé ce droit; les résidents n'ont que le droit de regarder les fleurs et la pelouse verte, ils ne peuvent y poser leurs fesses, sinon pourquoi ne le font-ils pas? Peut-être car sur cette pelouse, on est jeté en pâture aux regards circulaires de tous, placé ainsi au centre de l'amphithéâtre... curieuse architecture tout de même, aux airs de décorum antique en carton-pâte, recouvert d'un vernis brillant d'artificialité, de mise en scène kitsch de l'antiquité. Il avait l'esprit théâtral ce catalan sans doute.

lundi 3 août 2009

c'est l'amour

Léopold Nord et Vous , c'est l'amour , pour commencer cette dernière semaine (d'absence) de travail de bon pied.

août à Paris

Le temps ce matin était au gris mais voilà qu'il a viré au bleu dans la matinée et au mitan du jour je me suis dit qu'il faisait chaud.

Début août à Paris, improbables vacances et destination inconnue à l'horizon de la semaine...

C'est étrange d'avoir si peu plannifié ces vacances à venir, j'en profiterai peut-être pour comprendre ce que veut dire avoir le bec dans l'eau, ou bien...

Feux d'artifices de l'été qui se met à crier: "profite, profite, profite de moi"

Courir bronzer sur des bords de mer surpeuplés, dormir à l'ombre d'un parasol qui abrite du cancer

Et je pense à l'invitation au voyage:

"Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble !"