J'avais envie de partir aussi
ça commence à devenir étouffant par ici
ça fait un an que je suis rentrée, j'ai peut-être atteint la limite de l'enthousiasme
ça y est me reprennent des envies d'ailleurs
ça n'est pas exactement le bon moment pour s'en aller et dans tous les cas il faut créer des occasions de partir
et j'ai plein d'autres choses à faire qu'à créer ces occasions pour l'instant
il faut néanmoins soulever le couvercle de la cocotte avant qu'elle...
jeudi 26 novembre 2009
Transat
merci M. pour ce livre dessiné d'Aude Picault qui me plaît beaucoup. Les planches qui représentent l'Atlantique la nuit, le jour, au soleil ou sous la tempête sont très belles.
Arrête!
Arrête de trembler
d'être bête
C'est bête de pas être assez polisson,
il serait bien d'être plus polissonne et non pas simplement poli, polie comme une pierre
D'être une poissonne
et pas juste empoissonnée par cette idée visqueuse que...
la ville me colle aux basques
(la belle expression! http://http//www.expressio.fr/expressions/coller-aux-basques.php)
Suis enduite de suie
(Espèce de Noiraude, va marauder ailleurs ou jte marave ta gueule)
"Petits hommes d'État, entachés de poésie, qui maraudons de chétifs mensonges sur des ruines." (Chateaubriand dans les Mémoires d'outre-tombe)
grisaille bleue par la fenêtre sale- il y a des bulles entre les deux parois de verres qui la constituent, des traînées baveuses comme l'omelette
voudrais être un poisson, une poissonne, un opossum
empoissonner la mer, la piscine Valeyre
arrêter d'être dyslexique et de dire psyscine au lieu de piscine et de passer mes soirées avec F. Pisc
car ça embrouille Ta Mère
mais j'adore la pisciculture
la culture des bulots
j'aime pas ces coquillages dans l'assiette
ils sont mieux et gris sur la plage
dans les landes dont la marée s'est retirée
à jamais bien sûr
s'est retirée de la chaussée (plus de noyades en prévision)
plus de chausses à mettre le matin, réserve de chasse, le chasseur sachant chasser sans son chien Dixy et le délicieux chausson aux pommes chaud et frais avec sa purée de fraises dans sa calzone sucrée framboisée emmiellée
ça m'emmêle les pinceaux
et suis pas une artiste
("mais bien sûr que je suis malheureux, je suis un artiste!!!")
RLB
RLC
RLC bis
va comprendre
la réponse au rébus était:
"J'AIME LE SIROP D'ERABLE"
lundi 23 novembre 2009
Fontainebleau + Dixy
Restée longtemps sans écrire; la dernière fois il faisait très bleu là-haut je me suis dit "Ah! il faut que j'écrive quelque chose, au moins signaler le bleu profond du ciel ce matin"; et puis non; c'est l'éternelle course, les chevaux se sont emballés, et je les ai laissé faire.
Hier nous sommes allées nous promener à Fontainebleau avec M&M. J'étais assez énervée, sorte de mauvaise humeur poisseuse dont je comptais me débarrasser en marchant dans l'air vif et oxygéné de la forêt. Une sorte de colère en sourdine, colère que je trouvais salutaire - cela faisait trop longtemps que tout était beau et lisse.
Problèmes matériels liés à l'emménagement, des tas de détails pratiques à régler, courir à droite à gauche, un défaut de livraison le samedi qui m'a immobilisé une journée, les encombrements éternels sur le périph et en sortie de Paris: découvrir la Ville en voiture, c'est juste l'Enfer; cette ville chronophage se révélait également anxiogène.
Sorte de raz-le-bol de tout ça, de cette course, fatigue grondant dans mon corps.
Bref, entre parenthèses dans cette suractivité : balade dans la forêt; nous marchons, l'air est froid; mangeons du poulet avec du pain en se gelant les doigts; un chien vient renifler les restes puis reste là et nous suit quand nous reprenons la marche.
Je marche devant, il court, semble ouvrir la route; quand j'attends les filles, il attend à mes côtés. La lumière décline rapidement: c'est fin novembre; sur une hauteur, j'aperçois soudain une biche, à l'arrêt, je l'observe jusqu'à ce qu'elle reparte en bondissant dans les profondeurs de la forêt.
Le chien a un collier: il s'appelle Dixy, il y a un numéro de téléphone inscrit. On se dit qu'on attend d'être revenu au parking pour appeler.
ça y est il fait sombre, pas une lumière ne filtre sous les branches; je m'installe sur un gros rocher pour faire le guet, le chien s'installe à côté et attend avec moi. La lune derrière nous se lève, c'est un croissant très fin. Je cours dans l'obscurité sur le chemin du retour - besoin de me défouler.
Arrivées au parking, on va vers la cabane des brigands (on est à Barbizon): ils ont déjà vu le chien ce midi; non personne n'est venu le réclamer; on essaie d'appeler; répondeur. On laisse des messages, mais il faut prendre une décision. Il y a une clinique vétérinaire à Ponthierry, alors on met Dixy, allias croc-blanc dans le coffre et nous voilà parties dans la nuit. Ce chien est adorable, totalement sociable, il pose sa tête de nounours blanc sur le dossier de la banquette arrière et semble regarder la route comme nous (ou écouter Brahms).
Nous le laissons à regret à la clinique. Le propriétaire m'appellera plus tard, soulagé et nous remerciant beaucoup.
Le retour sur Paris est long, il y a de sacrés embouteillages sur l'A6, mais la musique est belle et aide à faire passer...
vendredi 13 novembre 2009
avant-hier aussi j'ai trop bu
et oui, c'est ainsi, ainsi va le monde, et la jeunesse se consume, se brûle au contact du temps...
Epopée du retour de Dordogne avec M. Sommes restées en rade à Limoges le dimanche soir, heureusement les assurances marchent bien: dépanneur-garage-taxi-hôtel-taxi-garage et en voiture simone.
Le buffet froid du Campanile, la chambre d'hôtel vue sur les garages auto et le no man's land limousin glacé tout autour de notre petite aventure.
"Qu'avez-vous décidé avant de naître?" Les vieilles cassettes psy avec jingle des 80's sur le trajet et le shéma prénatal.
Semaine qui court, 11 novembre élimé, cartons sacs déménagement portage, encaustique, acariens? Puces? Punaises?
Hier vu Dikkenek, vaut le détour.
ce soir Candide?
vendredi 6 novembre 2009
before the WE
Entendu hier dans un bar rue Saint-Sabin, à la table voisine de la nôtre: "tu as des épaules magnifiques... je suis très fétichiste des épaules". Exercice de séduction manifeste qui a mis dans le mille: peu après les bouches se trouvaient.
Un peu plus tard, au café de l'Industrie et avant de me décider pour le tartare et le chiroubles, j'ai demandé à mon voisin combien d'A faisait son andouillette, tandis que son propre voisin parlait de sa mère d'une drôle de façon et que la serveuse très noire et très belle portait une étrange salopette en nettoyant les tables.
Je prends le train ce soir sans réjouissance car je n'aime pas les trajets de nuit.
Hier j'ai trop bu.
jeudi 5 novembre 2009
lignes de fuite
Les choses se précipitent en avant. Le temps se précipite vers l'hiver et je me précipite vers tout ce qui m'anime.
Le soir l'air est coupant. Ce matin, ciel bleu, l'air est vif et ça fait du bien. C'est le matin, on a besoin de fraîcheur, de vent dans les méninges, d'air dans le cerveau engourdi.
J'écoute Ousmane Kouyate.
Hier, mafé à l'Olympic café. Fatigue sur la fin, sur la banquette rouge. Journée qui s'est étirée trop longtemps et pleine lune (et la lune tire aussi, elle doit alourdir le sommeil car ce matin il a fallu du temps pour se dégager des filets de la nuit, ces pièges dans lesquels restent accrochés des lambeaux de rêves, d'images oniriques: chevaux, poissons, tempête...).
Précipitation vers tout ce qui emplit (tel y verrait encore une métaphore de ce qui doit rester tu).
Pas vu le clown hier. Et n'ai croisé aucun visage familier ce matin, ni dans le métro ni sur le trottoir et Georges Harrison chante give me life.
Et j'ai envie d'être enfin chez moi.
mercredi 4 novembre 2009
le clown
Hier en sortant du boulot, il y avait un gars monté sur un banc au bord de la place de Catalogne, redingote jaune, faux nez, perruque; il faisait bonjour aux automobilistes qui tournaient comme des cons autour du rond-point.
Je suis restée un moment à le regarder agiter la main et j'ai bien ri, en admirant la totale gratuité de la performance; je riais non pas de lui, je riais d'imaginer ce qu'il provoquait comme réaction chez les automobilistes qu'ils saluait silencieusement et avec application; j'imaginais les regards interloqués derrière les vitres sombres, un soir de novembre frileux à la sortie des bureaux.
Cet après-midi je rencontre une candidate à qui je demande de me parler de son expérience professionnelle; dans un des emplois qu'elle a occupés, elle devait mesurer des cartons, montée sur un escabeau (ils étaient situés en hauteur); elle a eu le vertige et n'a pas compris l'utilité de mesurer des cartons mais n'a pas posé de question; il lui est arrivé d'avoir peur aussi en marchant sur le sol grillagé du magasin car on voyait 3 mètres plus bas.
Il y a ce gars que je croise depuis des mois mais assez rarement, le matin en arrivant; la dernière fois on s'est dit bonjour.
Il n'y aura peut-être pas de prochaine fois, et c'est bizarre de se le dire, car on s'habitue aux inconnus, pour peu que notre trajet quotidien ait croisé le leur plusieurs fois.
Ils font partie du décor.
Le téléphone sonne, je laisse sonner.
mardi 3 novembre 2009
elle
Ce matin dans le métro j'ai fait l'aumône à une femme sans âge, édentée, sac à dos vide et béant, et qui parlait d'elle à la troisième personne: "elle est tombée dans l'église Jeanne d'Arc... elle les a perdues en tombant (ses dents)... elle a de l'eczéma et du psoriasis jusqu'ici..." etc. C'est dingue de parler de soi à la troisième personne, son moi doit être complètement anéanti pour ne plus pouvoir dire "je". Elle n'est plus quelqu'un avec une véritable identité, elle est elle, cette personne qui a perdu son moi quelque part en chemin.
Elle a dit: "Dieu existe hein? Jésus n'a pas donné sa vie pour rien, hein? il ne s'est pas sacrifié pour rien? il a ressuscité, hein?" Questions rhétoriques mais qui cherchaient mon assentiment pour continuer de trouver du sens au fait de mettre un pied devant l'autre.
En partant elle m'a dit: "vous avez de belles petites dents", elle qui n'en n'avait presque plus.
Je l'ai bêtement remerciée de ce compliment qui n'en était pas un.
Plus tard dans la journée, appel d'une personne qui me dit souffrir d'un handicap qui n'est absolument pas reconnu, à la question quel est-il, et à entendre sa réponse, je crois comprendre qu'il s'agit du handicap des gens lesés par la justice. Le fils de la conseillère municipale de son trou normand lui a vandalisé ses murs, la maison est depuis inhabitable, ce qui est un drame car il s'agit d'une demeure dont on a retrouvé le plan napoléonien, une vieille demeure; depuis 17 ans elle vit chez quelqu'un qui l'amène une fois par mois voir sa maison, qui se dégrade; elle me dit : "j'ai payé une fortune un avocat parisien" ..."mais je ne peux vous en dire plus car cela implique des gens, je ne peux citer de nom"... "je suis tombée en bas en bas complètement en bas de l'échelle sociale".
Hier dans le métro encore, je m'asseois à côté d'une femme, assez jeune encore, qui pleurait au téléphone, un problème de garde d'enfant je crois. Elle disait "salut... c'est moi, rappelle-moi urgemment; je croyais que tu étais mon ami mais je me rends compte que non, c'est une connerie de t'avoir appelé hier"etc.
A cela, mieux vaut l'inquiétude de Bufolet, attristé parce que son ami Ranolet voulait être seul; mais quand ils se rejoignent plus tard, Ranolet lui dit:
« Ce matin, en me réveillant, je me suis senti bien parce que le soleil brillait. Je me suis senti heureux d’être ce que je suis et je me suis senti heureux de t’avoir pour ami. Je désirais être seul pour penser combien tout cela est merveilleux ! » « Oh ! » dit Bufolet, « je pense que c’est une très bonne raison pour désirer être seul » « Et maintenant », dit Ranelot, « je suis heureux de ne pas être seul. Déjeunons ! » Les deux amis restent tout l’après-midi sur l’îlot. Ils mangent des sandwichs humides sans boire de thé froid. Ils sont deux amis, serrés bien fort, l’un contre l’autre "(« Seul », in Cinq nouvelles histoires de Ranelot et Bufolet ).
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