mercredi 31 mars 2010

H1N1

''Une pandémie ne saurait être ce que l’OMS choisit de déclarer à son sujet. S'il s'avère que l'annonce de la pandémie a été décidée pour permettre à l'industrie pharmaceutique de réaliser davantage de bénéfices, cela pourrait bien devenir l'un des plus gros scandales en matière de santé''
Paul Flynn (Royaume-Uni), rapporteur sur cette question à l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe. Lire le mémorandum.

c'est pour quand la pleine lune?

toutes les couleurs sont dans le ciel
- sur terre aussi elles sont, où elles se peignent dans un plus grand désordre
font des juxtapositions plus chaotiques -
manque l'harmonie parfois - la musique,
mais dans le ciel de la fin mars, à l'heure des giboulées, des orages soudains, des averses violentes, du vent frais qui soulève les cheveux le matin dans un rayon de soleil aussi frais, quand je descends dans la ruelle,
on trouve toutes les couleurs, jusqu'à celles qu'on ne cherche jamais.

Cette nuit la lune était pleine - je viens de le vérifier - et visible à 99,8%
Ce soir, la lune sera qualifiée de gibbeuse descendante et le prochain "noeud lunaire" a lieu dans 6 jours: l'orbite de la Lune croisera l'orbite de la Terre - il faut apparemment s'abstenir de jardiner pendant cette phase...

mardi 30 mars 2010

Dunkerque

Dk comme Dunkerque.
Il est tard quand je débarque à la gare; j'ai passé le trajet à me ronger les ongles en regardant de loin des épisodes de Lost sur l'ordi d'un gars assis dans la diagonale; parfois je ne vois que les sous-titres, aucune image, c'est pas grave, il fait tellement nuit dehors, je n'ai pas envie de lire, à vrai dire, je n'ai envie de rien, je suis à la fois speed et lasse; c'est l'effet vendredi; le train s'arrête partout, Arras, Lens, Bethune, Hazebrouck et Dunkerque son terminus...
A la gare, pas de 4L bleue; j'allume une cigarette, les filles arrivent peu après, elles n'ont trouvé aucun rade pour se sustenter; à cette heure-là il reste le Frit-Burger et le Kebab de la gare. Slurp. Puis on cherche le Bémol, un bar dont on leur a parlé à Boulogne-sur-Mer; après quelques tours de voiture dans la ville déserte, on finit par trouver. C'est karaoké, c'est blindé, ça gueule et ça boit de la bière...
On a chanté (un peu), puis ça a fermé, on est rentrées aux Passagers du vent...
La chambre est toute lambrissée, chaleureuse et décorée avec goût, et comme il n'y a pas de hasard, au lieu de la Bible que l'on peut trouver dans certains hôtels sur la table de chevet, sur une étagère au-dessus du lit se trouve un seul livre: L'usage du monde, la bible du voyageur.
Je pose Les racines du ciel le long de L'usage du monde et m'endors sans lire. Il est deux heures.

Petit-déj vers 10. Superbe, des petits pains aux  pépites de chocolat ou nature, baguette fraîche, jus de fruit frais mixés, confiture de lait, miel d'églantier etc.
Longue promenade sur le bord de mer, le long de la plage et des villas cossues qui la bordent, jusqu'aux dunes et aux bunkers.
Retour dans un ciel mitigé, un peu de vent, des couleurs noyées - bleu, gris, oranger de la fumée qui sort des cheminées sur le port de Dunkerque. La Moule qui rit, le Roi de la Moule, service terminé, on débarque à l'équipage (?) où on s'en met plein la panse de trucs du coin: Welsh, Pot'je vleesch, escalope du Ch'ti au Maroilles, avec une bonne bière brune par-dessus - miam.
Après-midi bien avancée quand on reprend la 4L en direction de la Belgique pour aller visiter Furnes/ Vurnes. Fête foraine, manèges crachant une musique assourdissante sur la Grand place flammande, avec ses vieilles maisons aux toits en escaliers, briques, frontons sculptés, armureries, beffroi etc. Des tas de pâtisseries avec un air d'on n'est plus en France quand on se penche sur les vitrines; Une bière belge dans un petit café qui a exactement le même air d'ailleurs; la fonction est la même cependant tout est différent, mais on ne saurait dire précisément pourquoi: le poële en faïence? le carrelage rouge? les plantes sages et vertes? Le comptoir? Le rire des Flammands à côté? ça ressemble à un salon de thé dans lequel les gens boiraient en fait de la bière.
A la nuit tombée on rentre tranquillement vers Dunkerque, en longeant un canal puis la mer.
Le soir, de peur vu l'heure d'être prises au dépourvu comme hier, on va dans une grande brasserie -Les 3 Brasseurs, située dans un complexe centre commercial-cinéma vers les quais; il pleut, le centre-ville semble aussi désert que la veille, l'heure tourne, c'est pas que l'endroit ait l'air particulièrement sympathqiue mais on a peur de rien trouver d'autre alors on s'installe; un petit avantage à cet immense truc impersonnel: ils brassent leur propre bière, et elle est plutôt bonne. On mange assez mal; après il est minuit on n'a pas le courage de partir à la recherche d'un troquet, un rade quelconque pour boire un dernier coup, et puis dans tous les cas la 4L démarre pas; autour de nous le parking du centre commercial se vide; les séances de ciné sont terminées, il flotte, on fume une cigarette avant de refaire une tentative; ça marche, alors pour sûr on décide de rentrer se coucher.

Le lendemain ya des viennoiseries au petit-déj, qui s'étire s'étire en discussions avec notre hôtesse. On décolle vers midi pour la mer, la voir, s'y baigner pour M. (ancien défi à relever- l'eau est indiquée à 6° dans le journal...), puis on roule vers Bergues et sa foire aux bestiaux et tracteurs, qui a lieu chaque année au dimanche des rameaux. A nouveau manèges et musique assourdissante, vaches à viande qui ont des fesses pas possibles, tellement énormes et sur-dessinées que cela ne semble pas naturel: t'as l'impression de voir des milliers de steaks à la place du garrot; les fesses semblent dessinées pour faciliter la future découpe de la viande; puis les chevaux: de massifs traits du Nord, superbes, dont on ne sait à quoi ils sont destinés; quelques agneaux, des ânes, du matériel agricole, des petits producteurs, au milieu des vendeurs de bonbons, ustensiles magiques de cuisine, fringues moches comme dans tous les marchés. Je repars avec du lait frais, du fromage de Bergues, du yaourth artisanal de brebis, de l'ail, du saucisson (cèpes, beaufort, sanglier et noix).

Le soir en arrivant à Paris, on s'est fait un gratin avec le fromage de Bergues, histoire de continuer sur la lancée.

mercredi 24 mars 2010

W-endes

Alors j'en étais où... 
Il y a eu un we marseillais, avec une balade sur la côte bleue où on s'est rendus par un petit train qui longe la mer; le goût légèrement amer de l'asperge sauvage, du vent et du soleil tout ça bien mélangé, et des envies de baignade dans cet air méditerrannéen; une autre balade à flanc de colline sur les sentiers qui s'enroulent autour de N-D de la Garde, avec une pause thé dans un jardin avec vue sur mer, puis dans la ville, le vieux Port, le Panier, la Plaine etc. Un chouette repas sur une terrasse ensoleillée et calme - le premier rosé de l'année - A ta santé ma soeur!

A Paris on s'est dit aurevoir avec B.

Puis le we suivant on a pris la voiture pour descendre lentement au fin fond du Cantal, dans une grande maison au toit de lauzes massives qui surplombe le Lot. A Vieillevie précisément. On est arrvivés vers 3h du matin dans la nuit de vendredi à samedi; un grand feu flambait dans la cheminée, une coupe de champagne, un ballon de rouge sur les spaghettis bolognaise et l'énorme morceau de cantal, puis de la tarte.
Le lendemain, on a débouché le champagne que j'étais encore au thé; les gigots ont doré des heures entières en tournant devant le feu, attachés par une ficelle au cantou; il y a eu des quiches poire roquefort, canard abricot, des cakes aux olives et saumon, une balade de mise en appétit avant le gigot, les flageolets, le gâteau d'anniversaire; une grande tournante de ping-pong pour digérer, avant de se remettre à table vers 2h30 du matin pour un couscous maison qu'il aurait été dommage de louper. Le dimanche sur le retour, j'ai encore eu droit à la grande bouffe, arrêt obligatoire à Aurillac chez les parents de C., qui nous ont servi un superbe cassoulet, suivi de cantal, clafoutis, macarons avec le café, sans parler du vin, et vaille que vaille pour la route du retour jusqu'à Paris.

Ce we je tente le Nord, Dunkerque et la Côte d'Opale. J'ai réservé une chambre aux Passagers du Vent...

jeudi 11 mars 2010

rue Léon

Hier, je sors de l'Olympic café, redescends tranquillement la rue Léon; un gars - un jeune, genre 20/25- me demande une clope. Il a les yeux humides et commence à me raconter qu'il sort de 48h au poste; il semble ému de rentrer chez lui.
"Tu comprends la rue Léon c'est chez moi, tu vois la fenêtre là? C'est là où j'habite, c'est chez moi ici, c'est ma rue, c'est ici que je suis né, là, tu vois la fenêtre avec la lumière? ya ma famille là et ils m'attendent, ils se demandent où je suis, ils s'inquiètent, ma petite soeur, tout ça..et là je vais rentrer, je vais arriver dans la maison, et ils vont tous être contents de me voir, alors il faut que je me prépare, c'est pour ça j'ai acheté ça (il me montre une bouteille de vodka entamée, enfoncée dans son jogging) parce que c'est pas possible sinon, et puis les gars ils m'ont payé des coups au café Marcadet, ils étaient au courant de l'histoire; tu comprends, je peux pas rentrer comme ça; tu vois, ils sont juste là, tout le monde m'attend, j'ai juste à remonter la rue et j'y suis, je suis à la maison"... le gars est visiblement ému comme s'il rentrait enfin chez lui après des années passées au trou, et il retarde le moment de passer la porte, comme s'il savourait la liberté retrouvée et la joie du retour au foyer; alors il me parle, on rallume une cigarette, il me dit qu'il a été interpellé pour 17 vols à main armée, il me dit pas s'il en est l'auteur ou pas, il esquive, le fait est qu'il a été relâché pour vice de procédure. Il me raconte que toutes les nuits sa petite soeur dort avec 150 000 euros sous le lit et qu'elle ne pose pas de question, "tu imagines? dormir avec tout cet argent sans jamais rien dire"; que les flics ont perquisitionné et trouvé 20 000 euros - c'est peut-être pour ça qu'ils ont pu l'embarquer.
Là-dessus arrive une jeune fille - 25 ans, les yeux mouillés, avec plusieurs sacs sur les épaules: "t'as pas une cigarette steuplaît? Là j'en peux plus, vraiment, je peux vous parler 2 minutes? désolée mais faut vraiment que je parle"; au milieu de ses larmes elle raconte qu'elle vient de se faire larguer, explique que le gars a menti, qu'il disait avoir un enfant alors qu'il n'en avait pas, qu'ils se sont disputés, qu'il l'a jetée comme une merde, qu'il l'a insultée et que c'est vraiment un connard. Alors le premier gars demande si c'était un chocapic, elle aquiesce, pour lui c'est normal, elle avait qu'à pas sortir avec un chocapic (lui-même est rebeu), que c'était couru d'avance et qu'en plus elle est vraiment con si elle croit que c'est une vraie histoire au bout de 3 mois (ça faisait 3 mois qu'ils sortaient ensemble avec son chocapic); elle pleure un peu même si elle a dit au début quand on lui disait de se laisser aller : "moi je vais pas pleurer, suis pas une mauviette".
Alors l'autre, il lui dit des trucs un peu agressifs, elle, elle s'appuie sur moi car je suis une meuf, car "nous les meufs on est plus sensibles, toi tu peux comprendre ce que ça fait, se faire insulter et jeter par le gars avec qui tu sors, toi tu peux pas comprendre, t'es un mec".
- trois mois, c'est rien, c'est pas une histoire 3 mois, c'est un plan cul; t'en verras d'autres dans la vie, alors pleurer pour ça franchement, moi je te mettrais mon poing dans la gueule (...)
- j'ai pas envie que tu me frappes et de toute façon moi aussi j'ai fait de la garde à vue, moi aussi j'en ai connu des trucs durs (etc).
Je fais le va-et-vient entre les deux qui me prennent à partie chacun pour son histoire.
Je sais pas comment ils ont terminé, elle voulait continuer de se saoûler, lui avait une bouteille de vodka à terminer, il m'a proposé qu'on aille s'installer tous les 3 dans la bouche de métro pour finir la bouteille ensemble, j'ai décliné, la fille avait l'air paumé et du coup prête à suivre n'importe quel plan à la con, lui j'arrivais pas à savoir le fond de sa pensée, il avait bu, j'aurais préféré qu'il rentre chez lui, si comme il disait tout le monde l'attendait, bref, j'espère qu'ils ont bien terminé...

vendredi 5 mars 2010

blablabla

Comme un vendredi : fatigue (caïpirinha), palmas (flamenco), Cabo Verde (chez Céleste), Madagascar (les Majungais)
besoin d'exotisme petite?

jeudi 4 mars 2010

le lendemain

Le lendemain la mer est démontée.
Dès le réveil dans notre chambre en bois on entend le vent souffler dans les glissières; le clocher sonne...8h? Le ciel est bouché, la pluie tombe en continu depuis hier soir, ça fait illusion de petit matin mais il est 10h30 passées.
On va sur le bord de mer mais le vent nous gifle, les gouttes d'eau sont cinglantes et fouettent méchamment le visage, on est trempées et on se réfugie dans un grand café tout embué.
Sous la pluie on reprend la route vers Yport, puis Fécamp. Partout le vent gronde, la mer est verte, jaune, blanche et les vagues gerbent leur écume au-dessus des parapets qui protègent les promenades.
A Fécamp on visite l'église - quelques beaux vitraux.
Sur le retour vers Paris tout est fermé, ils en sont au dessert quand on arrive à l'auberge de la Pottinière, la cuisine va fermer, ils ne peuvent nous servir; on reprend la route avec la daube et le poulet basquaise à la même place sur le siège arrière depuis la veille - tant pis on se retiendra jusqu'à Saint-Ouen pour pouvoir réchauffer la daube et manger - enfin.
PS à E: Si t'as quelque chose à ajouter, n'hésite pas.

lundi 1 mars 2010

Etretat

La 4L est garée rue Farcot, c'est noté sur un petit bout de papier glissé dans les papiers du véhicule.
Le ciel est plutôt bleu, la voiture aussi.
C'est parti on démarre, avec un bon coup de starter qui troue l'air doux de la fin de matinée.
Partant de Saint-Ouen, on est déjà sur la N14, il n'y a plus qu'à la suivre jusqu'au bout.
Au bout elle changera peut-être de nom mais au bout c'est la mer, suffit d'aller tout droit.
Le voyage semble long, mais la lenteur est une philosophie lorsqu'on voyage en 4L.
Le paysage est plat, l'herbe verte et mouillée dans les champs, les patelins couleur brique sont déserts, et pourtant c'est samedi.
Impossible de trouver un troquet, chaque village traversé a baissé les rideaux de son PMU et les quelques auberges que l'on voit sur la route ont un air désolé.
La France des bistrots est bel et bien en phase terminale.
A Fleury sur Andelle on avise une une petite table avec deux chaises, installée devant un kebab sur la place de la Mairie. C'est ici qu'on prend notre café; le temps se couvre tranquillement, on parle mécanique avec un gars du coin, j'ai mal au crâne, c'est pas les deux bières qu'on a bues hier au Cyrano quand même... faudrait ptêtre penser à manger, qu'est-ce t'en penses? Ben oui mais pas envie de kebab frites, la boulange est fermée, on passe devant la boucherie, ya de la daube dans des barquettes d'alu, s'ils ont de couverts et un micro-ondes, ça fera l'affaire; boeuf en daube, poulet basquaise, pommes dauphine et nous voilà reparties. On s'arrêtera un peu plus loin, si on trouve une aire en bord de route.
Et bien oui mais on trouve pas, pas assez joli, et puis le ciel se couvre, on a moins envie de manger dehors même si ça sent bon la daube dans la voiture, alors les kilomètres s'enfilent, voilà Rouen, on longe la Seine, les grandes maisons particulières, le port, ça y est on est sorties de Rouen, la route est droite dans la campagne qui commence à vallonner... Fécamp, le Havre, ah! Voilà indiqué Etretat, au point où on en est, on a qu'à filer jusqu'à la mer, avant que le ciel ne se couvre trop, on mangera là-bas.
Et on arrive, enfin, aux fameuses falaises crayeuses qui encadrent l'ancien petit village de pêcheurs, devenu station balnéaire et haut-lieu de la géographie touristique française. On gare la 4L en haut, face à la mer, près de la chapelle, et on respire le grand air marin en marchant le long des falaises.
Mais la faim nous taraude, on va descendre manger des galettes, on ira se promener après.
Comme la mienne est bonne, andouille, pommes revenues dans le beurre et vraie crème fraîche normande... un délice avec cette bolée de cidre trouble qui tourne rapidement la tête comme on est à jeun depuis le petit déjeuner et qu'il est bientôt 18h.
On s'attarde dans la crêperie, on discute avec le patron, un Etretatais d'origine haïtienne; il s'appelle Mickael Daniac (c'est écrit sur son sweat), alias Mastering Trance - apparemment dans la vie il ne fait pas que des crêpes. 
Quand on sort il fait nuit, on monte vers les falaises et on marche; le ciel est voilé, l'air encore doux malgré le vent de la mer. Le cerveau s'aère et ça fait beaucoup de bien.
A la fin il est tard, on décide de dormir à Etretat. A l'hôtel l'Escale, on a une chambre entièrement lambrissée au dernier étage, tout au fond du couloir.
On va boire de la bière d'abbaye dans le pub d'Etretat, car quand même c'est samedi soir; on reste jusque tard, la pluie s'est mise à tomber, fine et régulière; dans le lit de bois au milieu de la chambre en bois on l'entend tomber puis on s'endort.