dimanche 17 octobre 2010

temps changeant par nébulosité variable

Hier fin de manif entre Bastille et Nation; une 16 achetée sur une camionette CGT, un thé chez mure, puis lentilles saucisse de Morteau chez A., dans la grande nuit parisienne, à parler de tout ce qui foutait le camp, du démantèlement de la chose publique et de ce qu'on appelle les acquis sociaux, de la difficulté parfois d'être gréviste dans le privé (je me trouve des excuses là?) de Jospin, du regret pour certains d'avoir voté à gauche de la gauche en 2002 - et de la marche des repentis dans la foulée, de l'expérience de la gauche plurielle, de l'impossibilité pour les quelques voix alternatives d'exister au sein du PS - du cimetière des éléphants qu'ils se construisent tout seuls au PS, de la sclérose, de la précarisation de la vie et de la sape d'un système de protection sociale que l'on aura mis des décennies à construire, et que l'on défait tranquillement aujourd'hui, bref rien que de très classique et que l'on rabâche depuis des mois, des années peut-être.

ça a été une soirée réjouissante et pleine d'entrain.

Aujourd'hui dimanche, ciel blanc découpé en bandes, moteur d'un train qui ronronne à perte depuis ce matin, froid, caffe deliciozo, petite tomates qui ont mis des mois à pousser et qui n'auront plus l'occasion de mûrir - je repense à une vieille expérience de confiture de tomates vertes, ça ne m'avait pas plu; et ceci me fait penser aux oeufs Kinder, c'était aux Comores, avant d'aller à la pisicine de je ne sais plus quel hôtel de Moroni - les oeufs Kinder riment avec piscine depuis.
Ma mère conduisant un gros poids lourd et devant manoeuvrer pour le faire entrer dans une cour par un portail étroit - fantasmes de l'enfance me dit l'autre (la pompe à fric). Oui je sais c'est obscur ce que je raconte, sauf à certains peut-être (et encore).
Alors Nancy ou Sarregemines? ça sera Vaires, en banlieue parisienne.
Mais j'en ai déjà un peu ma claque de Paris... et bien il va falloir prendre son mal en patience.

Devant moi les peupliers s'agitent - il y a du vent; le petit froid d'octobre impertinent soulève mon écharpe et me fait rentrer la tête dans les épaules.

la fin du jour viendra très vite.

mercredi 13 octobre 2010

Ce matin la Seine ressemble à la Tamise

Ce matin le ruban de la Seine dans mon dos est d'un gris métallisé brillant, sous une brume que perce le soleil de façon diffuse, éclairant la brume plus que la Terre en-dessous. 
A l'horizon brumeux un pont qui fait penser à ceux qui traversent la Tamise, au loin des buildings, fondus eux-aussi, tels ceux de la City dans le fogg, des lampadaires en forme de plantes penchés au-dessus du fleuve, quelques barges glissant le long de l'eau, les berges couvertes par le roulis des voitures.
Je crois que c'est un jour Sans, s'installant à la suite d'autres jours Sans, eux-mêmes fondus dans le cortège des jours tout court, ni bons ni mauvais - où l'on travaille, mange et dort.
Jour de grève, apoplexie du métro; tandis que je suis au bureau, j'espère le durcissement du mouvement, avec la lâcheté de ceux qui ne font que regarder...
J'ai beau la voir de loin, la précarité du présent et de l'avenir me fout les boules