dimanche 26 décembre 2010

départ en vacances

Lever à 4h30. Retransmission de l'émission du samedi matin sur Inter: sur les épaules de Darwin; il est question de l'impact des sentiments sur la santé, du choix des mâles reproducteurs chez les mainates, choix qui n'est pas toujours rationnel.
Douche. Thé très infusé, deux tartines et en route pour l'aéroport, le taxi est en bas.
Roissy- mon thé s'est renversé dans le sac à dos - passeport, billets mouillés.

Voilà, on a décollé pour Atâr. A l'Est le ciel se colore. Mon stylo n'aime pas trop l'altitude.
As salam aleïkoum, eyak labas? Labas el hamdoulillah.

jeudi 23 décembre 2010

noël à Paris

C'est la première fois que je vais passer le 24 dans le 75 me semble-t-il. Finalement, ça serait presque original - ça changera d'Istanbul, Bakou, Natal, Riga, Périgueux, Trévou-Tréguignec!!!
On devrait être cinq; cinq paumés, cinq oubliés... 
Dehors, Paris est à nouveau sous la neige.
Ce soir je suis sortie plus tôt et j'ai acheté un chapon, que j'ai demandé au boucher de farcir - ça m'a coûté un bras. Demain, il paraît qu'on a notre après-midi. Pommes dauphines, champignons, haricots verts, marrons, bolo de laranja, vin... je prépare ma liste de courses pour le réveillon.
Impression de parler comme pour imiter quelqu'un qui est un peu moi mais qui n'est pas moi.
Rien à dire en réalité. Quelle fatigue hier... ça venait des tréfonds de ma tête (car mon corps lui en était capable), impossible de me bouger, comme clouée au canap puis au lit par une gigantesque flemme. Gigantissime flemme, non-envie, réelle envie de rien, de sombrer sous la nuit de l'hiver, de dormir et de dormir.
Déjà aujourd'hui ça allait mieux. Sans doute parce que ce matin, au petit-déj, après cette soirée et cette nuit de flemme et de sommeil, me sentant toujours pas bien, irritable, au bord des larmes pour un rien, sans appétit, je me suis dit: "mais je sais ce que j'ai: je suis déprimée!"
Et depuis ça va mieux j'ai l'impression... presque j'ai faim. Et quand l'appétit va tout va, c'est bien connu.
Noël est un bon moment pour dire des bêtises (et le reste de l'année on dit des conneries).
Je fume moins depuis quelques temps.
Moitié envie - moitié décision ("ne fume que les cigarettes qui te procurent du plaisir"; j'en fume 2 ou 3, et même celles-là ne sont pas des vraies clopes plaisir). Les meilleures restent celles qui accompagnent un verre, et encore pas n'importe quelle verre.
C'est l'hiver, tout est plus compliqué aussi; lourd le manteau, le chapeau, l'écharpe, le sac, le froid puis le chaud, les maladies, les grippes, les rhumes, les sinusites. Tout est plus compliqué.
Vive le désert!!!!
et la simplicité du sable qui le recouvre...

mercredi 22 décembre 2010

2 jours avant Noël

Quelle fatigue ces derniers jours... fatigue sans raisons; la nuit, l'hiver, le temps maussade - pluie lourde qui tombe dehors sans se transformer en neige pour le moment.
Bruits des trains qui chauffent, des ambulances et des voitures de flic qui passent rue Ordener; rue mouillée, glacée. J'ai mis mon écharpe sur la tête car j'avais oublié de prendre un chapeau ce matin, et je suis partie sous la pluie.
L'estomac n'est pas niquel non plus.
Le sapin clignote, lumière réconfortante.
Chaque soir, je manque m'endormir sur le canapé en regardant la guirlande lumineuse jouer dans le sapin (les rouges, les bleues, les jaunes, les vertes qui s'allument lentement et alternativement). c'est beau, ça berce; hier je m'endors vraiment; lutte ensuite pour me traîner jusqu'au lit en passant par les dents. C'est peut-être ce sommeil coupé en deux qui m'a achevée aujourd'hui. Un gros mollasson qui mange sans appétit son cassoulet portugais (je prends presque toujours le plat du jour chez José, même sans faim).
Ce soir je rentre, thé du Sahara et chausson aux pommes; ça devrait tenir aisément lieu de dîner.
(plus un ferrero).
Ensuite penser aux dunes de la Mauritanie où je m'envole dans quelques jours. Besoin d'une oasis de paix que je compte bien trouver là-bas malgré les tournures quelque peu dramatiques utilisées sur le site du MAE dans ses conseils aux voyageurs.
Au fait je suis passée chez M. lundi; puis je l'ai eue à nouveau ce soir en attendant le RER. 
Maintenant c'est mission chapon et marrons... vamos ver ce qu'on trouvera.

mots du carnet rose

ça y est c'est l'hiver. La température oscille entre 2 et 4°; de la neige est prévue en fin de journée. Fatigue. Hier, après Twin Peaks, je m'endors sur le canapé en regardant le sapin clignoter. Je m'endors pour de vrai, et après, c'est dur, reprendre conscience, se mouvoir jusqu'à la salle de bain pour les dents, se déshabiller etc. Ce matin me sens pas bien réveillée; pas d'énergie, et comme une difficulté à respirer profondément.
J'ai acheté le carnet sur lequel j'écris hier; il fera le passage 2010-2011.
Le métro est un lieu qui pullule d'informations - ce que lisent les gens, leurs vêtements, les pubs sur le quai, plein plein d'infos que je récolte comme si je venais d'arriver dans cette ville et que j'essayais de comprendre de quoi elle était faite et comment étaient les gens qui la constituaient.
Forme de désoeuvrement en cette fin d'année. Et pendant ce temps les visages se fânent.

lundi 20 décembre 2010

de la neige partout

Les arbres ce matin ploient sous la neige, qui tombe, fine et continue.
Hier on a pris un train pour la forêt domaniale de Ferrière -Armainvilliers en Seine-et-Marne, qui sur la carte semblait être la plus grande forêt à proximité de Paris; les 15cm de neige qu'il était tombé depuis la veille étaient en train de fondre allégrement; neige lourde et mouillée - impression de marcher dans de la bouillasse. Il pleuviotait par intermittences par-dessus ça.
En fin de balade, on passe dire bonjour à mon oncle dont le pavillon fait partie d'un lotissement en bordure de forêt, mangeons des crêpes avec du thé pour le goûter, puis retour vers Paris. Neige complètement fondue en ville.
Et puis ce matin, au réveil, tout est blanc à nouveau. Toute la ville est recouverte, tous les bruits assourdis, et la neige, doucement, continue de tomber.
Pas de nouvelles de M. à nouveau depuis une semaine; sa mère m'appelle ce matin - j'étais dans le RER. Elle l'a eue vendredi, elle était malade mais elle allait travailler. Depuis rien - "elle avait une drôle de voix" me dit-elle. Je lui dis que je passerai ce soir chez elle. Dans quelques jours c'est Noël et on a dit qu'on le fêtait ensemble, avec les quelques naufragés parisiens.
Tout est blanc dehors et je n'ai aucune, mais aucune envie de travailler.

jeudi 16 décembre 2010

visite matinale à Notre Dame

Lors du dernier épisode neigeux, comme ils disent à la radio, j'arrive sur le quai du RER à St-Michel, je vois que mon train est supprimé, pas d'indication quant au prochain, je décide d'aller me promener un peu en attendant. Je remonte vers la lumière, tout est gelé dehors, la neige durcie crisse sous mes bottes, je marche face au soleil en longeant la Seine jusqu'à Notre-Dame et pénètre dans la cathédrale.
Cela fait je ne sais combien d'années que je suis entrée dans ce lieu entre tous célèbre; y suis-je jamais allée en fait? Aucun souvenir précis, seulement l'idée que lorsqu'on nous amenait à Paris petites, on a sans doute dû passer par là, passage obligé d'une visite de Paris. Cependant, la cohue habituelle à cet endroit, la queue pour entrer, le parvis plein de touristes donnent peu l'occasion de se décider à entrer.
Mais ce matin-là, tout est calme, il est tôt, on est en pleine semaine, la neige brille au soleil et il n'y a personne. J'entre, il y a quelques touristes matinaux à l'intérieur, un office a lieu, je découvre Notre-Dame, regarde avec attention les vitraux du fond, bien mis en valeur à cette heure car plein Est. Je tourne lentement dans la travée, contourne le choeur, respire l'odeur des cierges et déambule avec plaisir mais sans beaucoup d'émotion - il est peut-être un peu tôt pour les émotions.
Le fait est que cette visite matinale était bien agréable et rompait la monotonie des trajets habituels.

Je crois qu'ils annonçaient de la neige pour aujourd'hui, mais je ne vois que des trottoirs mouillés de pluie.
Je suis rentrée plus tôt, un début de grippe sans doute. J'ai acheté du citron, du gingembre, des oranges, des mandarines, des bananes, de la citronnelle en thé. J'ai pris un cachet, une infusion avec un fond de miel et je me sens déjà mieux.
Ce matin j'ai acheté des chouquettes, un peu trop d'ailleurs car j'ai sauté le déjeuner du coup.
Ce soir il faut décorer le sapin, le petit sapin de chez Truffaut. Je vais m'y coller.

mercredi 15 décembre 2010

un matin de décembre

Petit matin. La journée promet d'être belle - la couleur du ciel, qui s'éclaircit dans les bleus et les orangé quand je quitte la maison.
Le soleil se fait caressant sur les quais, réchauffe la pellicule de gel qui s'est déposée sur le sol.
Reflets chatoyants dans les vitres du RER, qui jouent avec les chevelures et les visages des passagers.
Je finis Se perdre d'Annie Ernaux à temps, juste avant de descendre à Vitry. Là sur le quai on retrouve toujours quelques visages familiers - c'est loupé pour un cheminement en solitaire jusqu'à la Seine, on doit s'encombrer de parler, au travers les écharpes, jauger du froid dans la vapeur de nos haleines, sous nos bonnets ou nos chapeaux.
Les gens semblent déguisés, certains le portent bien, d'autres sont moins à l'aise avec l'hiver. Il faut s'accommoder de ces températures sans devenir une masse informe qui se perd dans la nuit et le froid le soir, ou arrive réchauffée de sa nuit le matin, dans la belle lumière d'un soleil d'hiver, qui fait une grande tache jaune au-dessus du fleuve. 
Message matinal car envie d'écrire, cependant je suis au bureau, écrire prend du temps, et, paraît-il, on est payé pour travailler (pas pour faire autre chose). C'est dommage mais c'est ainsi - ça m'irait bien à moi de venir jusqu'ici pour écrire.
Mais que le fleuve est beau sous ce grand soleil d'hiver, avec sa brume dorée à l'Est et son éclat plus net du côté de Paris.
Cependant de là vient une masse nuageuse - et il est annoncé de la neige cette semaine....
Comment le temps va tourner?

mercredi 8 décembre 2010

blanc

A peu près même heure qu'hier, autour de la pause déjeuner. De nouveau il neige.
ça a commencé en pluie-neige, succédant à la pluie fine, chatouilleuse d'entrailles, qui elle-même avait pris la relève de la neige hier après-midi. De nouveau tout fondait, faisait des flaques de bouillie glacée au sol.
Sans discontinuer il a plu depuis hier ce crachin, venin d'hiver, qui vient sous nos yeux attentifs de devenir neige, blancheur couvrante, effaçant le paysage, le faisant disparaître dans une seule et même couleur: lentement tout devient blanc.
C'est beau. C'est beaucoup mieux ainsi.
Puis ressac, ça fondra, le paysage redeviendra boue etc.
les pensées ont totalement disparu; au sol la neige tient, efface les pas de ceux qui sont sortis déjeuner, et ceux qui s'en reviennent secouent des parapluies noirs recouverts de neige.
On voit leurs empreintes qui s'en vont comme les traces de l'homme invisible.
Quittant le Temple du Travail, quittant les berges de Seine sur les bords de laquelle a été édifié le Temple, remontant les petites rues avec leurs jolies maisons, leurs coquets jardinets.
Je pourrais passer ma vie à écrire sans jamais en faire un métier; je risque de le regretter, je me dis parfois, de la même façon qu'on gribouille au lieu de dessiner. Courage ou volonté?

mardi 7 décembre 2010

la vie de bureau

Il neige! Il neige....il neige de bons flocons qui s'écrasent sur les haies, sur le sol qui mène à l'entrée du grand bâtiment vitré, sur l'olivier et sur la Seine.
Je mange au bureau; c'est pas un temps à sortir, et puis suis pas d'humeur aujourd'hui (hier non plus d'ailleurs).
Hier, temps dégueulasse, à 16h45 il faisait nuit, je loupe le RER qui me ramène au bureau, 1/2 heure d'attente sur un quai désert, alors je décide de marcher dans ce no man's land qu'est la zone Silic de Rungis.
Je marche mais il n'y a rien à voir, des bureaux, des préfab, des routes encombrées de pluie et de camions.
Le RER est plein, plein de l'animation des gens qui rentrent du travail, et qui parlent; cela fait une ambiance chaleureuse, ce train allumé de jaune traversant la nuit de la banlieue parisienne, glaciale en ces premiers jours du mois de décembre.
Le flamenco a été rude - mes plantes de pied me font mal; et le chemin du retour vers la maison fastidieux. Je m'écroule à table - soupe de pois cassés; commence un bouquin d'Annie Ernaux qui traîne dans mes bagages depuis longtemps sans que je l'ai jamais ouvert.
La nuit qui a suivi le commencement de ce roman a-t-elle été bonne? Me reste un sentiment de susceptibilité que je dois guérir car s'il procède d'un rêve, il ne devrait pas entacher la réalité de cette journée. Or je me sens susceptible et sans raison de l'être.
Fou comme on est parfois peu maître de soi-même.
Pas de nouvelles fraîches de M, il faudrait que je l'appelle; des nouvelles de M, calée à quai à Calais. Beaucoup de filles ont des prénoms qui commencent comme celui de la vierge. Si j'ai une fille, je chercherai hors M, juste histoire de rééquilibrer les choses (trop d'M tuent l'M?)
L'heure de la pause est écoulée, mais je suis libre de mon emploi du temps à la fin, et si peu motivée en ce début d'après-midi où la neige a fini de tomber, et va fondre, car c'est l'infini ressac des choses qui se font puis se défont.
A l'image de tout ce qui vit; tout ce qui vit se fait puis se défait.
ça me fait penser à cette expression sympathique: "avoir la mine défaite". La douleur abîme la mine, la défait.

L'herbe et les haies sont saupoudrées de blanc, cela fait un blanc-vert pas désagréable. Le sol qui mène à l'entrée est mouillé, il parvient à briller sous le ciel bouché, entubé d'un blanc épais et terne.

Les voix de la Terre se sont tues dans ce paysage maculé d'artifices. Seule la Seine coule comme elle l'a toujours fait, dans l'indifférence des siècles qui passent.

dimanche 5 décembre 2010

lend'main d'fête

RAS dans la vie, la météo, tout reste inchangé. Neige pluie grisaille farouche. C'est le temps des endormissements.
Longue hibernation de la conscience.
Les musiciens dans le froid glacial des couloirs du métro continuent de chanter, les pauvres de quémander, les sdf de trembler, et nous de passer à côté, à les voir - ou pas, à réaliser - ou pas, à se réjouir de rentrer au chaud, d'aller mettre le feu sous la soupe, et de chatoyants liquides dans sa gorge.
Hier matin il neige, ça s'accumule sur les toits des hangars en bas, sur les voies, sur le balcon, sur Paris. Puis subitement la neige va tourner à la pluie, le temps se radoucir, tout fondre et devenir boueux boueux.
Près des Halles c'est la cohue dans la neige fondue. Déséquilibres des passants, qui sont sortis de chez eux malgré le froid pour tous se retrouver au centre de l'escargot.

Claire dit qu'elle n'aime pas Benjamin Biolay; je crois que je n'aime pas non plus. Les Indiens disent que Carla a la classe; on s'en fout pas mal.
Hier crémaillère près d'Aligre, aujourd'hui on ressemble à des rats crevés.
Mais petit-déj roboratif + médocs vont nous permettre de survivre. Ma tête cogne en sourdine. Les filles sont parties souhaiter la bienvenue à la petite Emilie, nouvelle née.
Et nous on va regarder Merlin l'Enchanteur! C'est génial. Et j'ai envie de manger des sushis.