jeudi 27 janvier 2011

viva Cuba

G.A. a quitté définitivement le Groupe hier après-midi. Départ brutal. 3 jours avant on monte encore des projets, on planifie des rdv, 3 jours après, t'es licencié, ciao by by.
Les hélicos tournent sur Vitry en cette fin d'après-midi - grise et humide, as usual. Ce sont les pompiers qui s'entraînent au-dessus de la Seine sans doute.
Journée qui aurait dû être assez tranquille et qui finalement a été assez agitée - bien malgré moi qui avait une motivation de cloporte aujourd'hui vus les évènements d'hier - moral pro dans les chaussettes. Moral perso sur la tangente, hésitant sur le chemin à prendre: on est triste où on est pas triste? On s'arrête ou on continue? Etc.
On verra bien demain.

mercredi 26 janvier 2011

beau travail

Tension lundi soir; pourtant, aucune raison d'être tendue à portée de vue. Je rentre du flamenco, c'était dur mais bien, comme à chaque fois, et la journée qui s'est écoulée s'est écoulée sans encombre - pas de trace de quelque embêtement sérieux dans ma mémoire.
Pas faim, ou bien si, je m'imagine manger des spaghettis bolognaise, des vraies avec une vrai bolognaise, et je me dis que oui, ça me donne envie; mais sinon, pas d'appétit. Poisson, haricots verts et riz, les restes de la veille feront un repas léger qui m'ira très bien. L'éternelle clémentine hivernale en dessert, et de la tisane - verveine du désert ramenée d'Algérie par Kamel? Citronelle? Thym?
La veille, on enchaîne le seigneur des anneaux 1ère partie avec Bob le flambeur de Melville; pas du tout le même genre et j'ai ma dose de télé en me couchant - passé trop de temps allongée ou affalée ce we.
Lundi soir, suite du seigneur; un peu de mal à comprendre leur anglais elfique, mais ça m'évade de cette étrange tension que je ressens sans raison, et qui me poursuit jusqu'à ce que je m'endorme sur quelques pages de désert (Monod). La description des différents types de puits sahariens fait du bien dans ces moments-là. 
Hier, je réalise que la ville dans laquelle j'ai vécu au Brésil a été dévastée par les coulées de boue et les inondations, suite aux pluies torrentielles qui se sont abattues dans la zone montagneuse au Nord de Rio.
La rue principale dans laquelle on se promenait dans nos moments de loisir n'existe plus manifestement (le centre était petit avec une seule vraie rue commerçante si je me souviens bien).
Sentiment étrange.
Un peu plus tard dans la journée, j'apprends par mon chef qu'il s'est fait licencier, sans alerte, sans rien qui aurait pu l'annoncer. Je crois qu'il va partir ce soir.
Sentiment étrange à nouveau, mais pas du même genre. 
Perte d'un repère (l'intérêt de ce poste devait beaucoup à sa présence).
S'ils fument le capitaine, ils auraient dû fumer le soldat Ryan avec...

lundi 17 janvier 2011

encore un lundi

Et je dirai même plus: encore un lundi GRIS
Ciel opaque; la Seine est d'un gris métallisé absolument uniforme. Tout à l'heure, le pavage gris et lisse qui mène à l'entrée du siège se tachetait de noir: des gouttes de pluie. 
Les pensées résistent sans ardeur à cet acharnement hivernal (froid et humidité).

Hier, dimanche en Dordogne, quelle belle lumière sur la campagne! Douceur des lignes et des couleurs: collines, champs retournés - terre riche, noire, épaisse, silhouette des chênes dénudés par l'hiver, la rivière en contrebas, les falaises aux formes étranges, les jardins et l'abbaye de Brantôme - une fontaine, un buste en pierre et une citation de Pierre de Bourdeilles dit Brantôme qui colle à ce paysage paisible:

"Philosophe, c'est là tout au bout du couvent, 
Dont la Dronne baignait la façade au levant,
qu'en ce castel, perdu l'été sous les grands ormes,
Laissant ta moynerie à ses bouquins énormes,
Tu faisais librement jaser tes souvenirs ..."

Tout semblait en effet tellement paisible, sous cette lumière douce et ce ciel entièrement bleu, accompagnés du seul bruit de l'eau qui coule..

Tout était si paisible.

lundi 10 janvier 2011

premier contact

9h25 - premier contact direct avec le soleil. Il a fait sa sortie des nuages, au-dessus de la Seine et des immeubles mais il semble y retourner, dans les nuages, à 9h42 (le contact s'affaiblit, impression de lumière moins vive sur ma joue).
Hier Inception au studio Galande; avant-hier: Somewhere de Sofia Coppola - quelle queue au MK2 Quai de Loire par ce samedi soir sous la pluie! A croire que tous les bobos, arty et assimilés du quartier s'étaient donné RDV pour ce film en particulier. C'est la génération du Parrain qui aujourd'hui regarde la fille Coppola comme une forme d'égérie du post-modernisme, et se retrouve dans les histoires qu'elle raconte.
Longue discussion sur Inception dans un drôle de troquet, discussion surtout entre ceux qui revoyaient le film et en avaient compris plein de nouvelles choses.
On entend le bruit de la machine à souffler les feuilles dehors.

vendredi 7 janvier 2011

drôle d'ambiance

C'est vendredi au boulot - pause déjeuner pluvieuse. Dernier jour pour A. (petits gâteaux, softs, champagne au goûter).
Léger désœuvrement (ou total?) Je bricole.
Couscous ce midi? Mais crêpe à 11h, pas faim.
Buis tout mouillé. 
C'est l'heure des petits livreurs (pizza, sandwich etc.) Les gens s'attendent devant le sas d'entrée pour aller déjeuner.
(...) 
Couscous indeed.

mercredi 5 janvier 2011

de retour d'Atâr

De retour du désert... un Sahara mauritanien apprivoisé, habité, presque vert. 
Trek dans la vallée blanche. Les paysages dans lesquels on évolue semblent plus sahéliens que sahariens: des ergs, des regs, mais surtout des oueds larges qui font comme une brousse, plantée d'acacias, de buissons épineux, de quelques fleurs, de pastèques. Et puis régulièrement un village de nomades avec quelques tentes (les khamsas blanches que l'on voit bien du ciel) ou de sédentaires (les tikit, maisons de paille de forme arrondie et puis des petites maisons de pierre).
Par endroit des oasis avec une concentration de palmiers dattes autour d'un point d'eau. Beaucoup de puits tout au long du parcours où l'on peut se rafraîchir la nuque (même en hiver c'est le cagnard).
Tout ce vert dans le désert; des jardins où l'on cultive des pastèques, des haricots, du mil.
Des pastèques que l'on prend sur le chemin pour manger à l'ombre d'un vieil acacia.
Marche laborieuse dans le sable - on s'enfonce. Parfois, pour me reposer j'essaie de marcher dans les traces des chameaux.
Longues pauses méridiennes (4h), préparation du thé, puis du repas, sieste, lecture...
Rarement pris autant le temps. Du temps à foison; du temps que l'on apprend à ne pas chercher à remplir impatiemment. Du temps qu'on finit par laisser s'écouler sans rien penser, sans rien faire de spécial.
Le soir, installation du bivouac, la nuit tombe rapidement, thé, galette qui cuit lentement dans le sable, méchoui de petite chèvre (jolie petite chèvre noire et blanche amenée du village à côté un soir) puis pendant 4 soirs des plats fumet chèvre. Les fruits au sirop en dessert ("- mange Delphine! - Mais j'ai plus faim! - Mange!" alors je bois lentement le jus du sirop en me forçant un peu quand même).
Lectures adaptées: Méharées de Monod, Terre des hommes de St-Exupéry.
Au retour, j'ai mis un certain temps à me reconnecter.