lundi 21 mars 2011

une semaine plus tard

A nouveau lundi. Vaste ciel bleu, grand soleil qui sent le printemps même si l'air reste frais.
Hier on est allés se promener le long du canal de l'Ourcq mais du côté de l'Aisne (Mareuil sur Ourcq- la Ferté Milon). Promenade agréable ; nous marchons d’un bon pas dans un environnement très calme (on entend juste le chant des oiseaux); croisons quelques pêcheurs, des promeneurs du dimanche (des vrais) et de nombreux canards.
Saules, peupliers sans feuilles, gui formant des bouquets parasites dans les branches dénudées des arbres, quelques sapins.
A la Ferté Milon, une maison sur trois était à vendre; le bourg n'était pas désert mais ça donnait l'impression d'une ville sur le déclin, avec des canards, des jeunes qui s'ennuient, une voiture de police qui faisait des rondes, une église aux vitraux cassés par des jets de pierre.
Sur les hauteurs, les maisonnettes s'embourgeoisent, les rues sont pavées; on fait un tour dans les ruines du château, puis on emprunte un sentier qui mène au plateau désert offrant à la vue des kilomètres de terre.
On n’est pas mécontents de rentrer à la grande ville après ce petit bain de campagne entre douceur et légère désolation.
Le soir, suis allée voir le film de Manoel de Oliveira le centenaire, o estranho caso de Angélica. Très belle photographie, lenteur (image presque fixe de l’eau qui pourtant coule au-delà de la fenêtre toujours ouverte), comme un monde ressuscité du passé (la pension, les bêcheurs dans les vignes, le domaine de Quinta das portas, l’appareil photo et le goût des choses anciennes que cultive le héros). Moment agréable de cinéma sans que je puisse dire si j’ai bien compris de quoi il retournait dans ce film (de plein de choses sans doute et de la mort surtout ?).
Elle était bonne la ratatouille ce midi, et les côtes de porc aussi.

mardi 15 mars 2011

Nous sommes le mardi 15 mars.

Il fait plutôt beau et assez doux avec ça. Par contre, je suis au boulot.
Et je vois passer le jour.
J’ai ouvert la fenêtre et respire l’air qui sent le printemps, j’entends les voitures qui se trimballent le long de la Seine et font du boucan. Les hommes font tomber la veste.
J’ai vu des gens en t-shirt dans le métro ce matin, tandis que je continue de porter mes 3 couches plus une écharpe – sait-on jamais. Il faut dire que je suis très légèrement malade (tête embuée, gorge chaude).
En ce moment je lis W ou le souvenir d’enfance ; dans la 2è partie il attaque l’histoire de W et lâche celle de Gaspard Wrinckler qui était beaucoup plus attrayante. J’attends de voir comment ça va finir.
Il me manque peut-être un peu de cerveau, ou un peu de recul pour comprendre vers où il veut aller – vers quoi il nous emmène.
Je suis au bureau et depuis la semaine dernière c’est calme plat ;
Je me divertis en faisant des recherches sur Internet : tiens il est joli ce chalet caf au Mont Dore; et si on y allait au retour de Turquie ?
« Situé au coeur des monts d'Auvergne, au pied des cimes du Sancy et à proximité des sources de la Dordogne, ce centre séduira les passionnés de montagne autant que les amateurs de nature et de calme! »
Et tiens les monts du Jura c’est sympa aussi, bon y a pas de neige, quelques taches blanches qui commencent à brunir par-ci par-là dans les prairies.
Je propose qu’on aille au chalet du Chauffaud :
« Une vieille maison comtoise aménagée en gîte d'étape au centre d'un hameau en pays «montagnon» aux multiples ressources, très souvent dénommée chalet des Tavaillons. » un des we qui arrivent. Ça a l’air bien

lundi 14 mars 2011

lundi d'ennui

Depuis quelques jours, et à la suite d'une lente chute de motivation qui a commencé en décembre, je côtoie l'ennui. L'ennui ya pas à dire c'est pénible quand on doit s'y confronter dans un cadre conçu et pensé pour l'exact inverse: le travail à plein pot, le rush, la pression.
Élément de plus en plus isolé dans une mer de gens qui courent - du moins c'est ce qu'il me semble - je ressens l'imposture de ma situation et ne sais encore comment mettre un terme à cette vacuité. Le travail en effet pour partie se crée, pour partie existe tel quel sans préalable. Cette dernière partie suppléait à la baisse circonstancielle ou ponctuelle d'activités jusqu'à il y a peu (faire les choses qu'on n'a pas le temps de faire le reste du temps, faire les choses qui sont à faire indépendamment des activités créées, gérer la partie non conjoncturelle, la partie chronique de l'activité). Et puis voilà qu'elle n'y supplée plus. Je n'ai donc pas de travail, ou bien trop peu pour m'occuper vraiment.
 Je pourrais m'en recréer en partie, mais subissant l'effet d'une véritable perte de motivation, je ne trouve pas de sens à recréer de l'activité. En réalité je m'étais dit: donne-toi jusqu'à mars pour voir; et depuis un certain temps déjà c'est tout-vu, maintenant se pose la question: quelle est la manière la plus intelligente de partir? Comment partir?
Il est difficile d'évoquer une baisse substantielle d'activité avec sa hiérarchie, d'autant plus quand il n'y a plus de hiérarchie - tout le monde s'est fait virer; chacun est parti avec son chèque vers d'autres horizons. Mon poste ne représentant pas sans doute une ligne budgétaire suffisamment conséquente, je suis restée. Je reste sans chef, électron libre mais isolé, et pas si libre que ça puisque chaque action que j'initie nécessite validation, comme il n'y a plus personne pour valider, je reste en stand by, attendant la suite.
Quand même je me suis dit, ça ne peut pas durer, je ne peux continuer à me lever tous les matins pour venir m'ennuyer au travail! C'est indécent, absurde, bref, un malaise monte. Alors, puisqu'ils ne le font pas, c'est moi qui dois partir de moi-même, j'ai lancé la possibilité d'une rupture conventionnelle, entretemps le destinataire s'est fait sortir, il m'a dit avoir passé l'info à un survivant avec lequel je ne travaille pas directement, du coup j'attends: reviendra-t-il vers moi? Est-ce à moi d'aller le voir pour relancer le sujet? Ai-je un quelconque pouvoir de négociation face à lui? Bref, here is a shitty situation.
Et ça me stresse un peu.
Que faire?

vendredi 11 mars 2011

la gueule de l'emploi

ce matin à la radio ils présentaient un bouquin qui vient de sortir: La gueule de l’emploi de Vincent Wackenheim. En regardant sur Internet, j'ai trouvé plein d'occurrences sous cette expression:
- un site de recherche d'emploi
- un clip de Flynt pas trop mal fichu;
- des reportages sur la discrimination à l'embauche
Et des tas d'autres trucs encore; ça a sans doute une signification cette multiplication des références à la gueule de l'emploi. Si les Gueules s'en mêlent, attention.

mercredi 9 mars 2011

changement

Il y a du changement dans l'air. Je ne sais combien de temps ça prendra, mais il me semble que le compte à rebours a commencé.
Combien de temps encore irai-je chaque matin dire bonjour à la Seine, à St-Michel puis à Vitry?
Marcher, lorsque le RER a du retard, jusqu'au parvis de Notre-Dame, dans les jardins qui l'environnent, face au soleil du petit matin frais. Regarder les plongeurs de la brigade fluviale faire leurs entraînements dans cette eau verte qui doit être glacée - en plein hiver. Une madame qui balance du pain aux mouettes. Puis je quitte le pont St-Michel pour m'engouffrer dans les artères bruyantes de la Ville. Cela crisse à chaque fois qu'un train entre en gare du fait du quai courbé, et ça crisse fort (je me bouche les oreilles). Et voilà le train qui m'emmène vers la banlieue. Un peu plus loin on retrouve le jour - ah! Bibliothèque, Ivry, Vitry, chemin ritualisé, tel terrain vague le long des voies où un petit campement est installé (les marginaux sont installés comme il se doit à la marge des centres névralgiques, dans ces endroits visibles seulement depuis les rails), puis campement plus conséquent de gitans sans doute (plein de caravanes, des feux qui brûlent, des fils à linge, un village presque), puis une usine de recyclage, le grand hangar Derichebourg, une prairie etc.
J'essaie depuis un certain temps déjà de me mettre dans une voiture en décalage pour éviter les collègues - qui se retrouvent tous dans la même voiture généralement qui s'arrête en face des portillons de sortie à Vitry. J'ai remarqué qu'un autre faisait de même, mais il se met encore un peu plus loin. Sur le chemin c'est inévitable on se rejoint, sauf à marcher très lentement ou s'arrêter à la boulang acheter des chouquettes pour tremper dans le thé. On se dit les dernières nouvelles - dans cette boîte à feuilleton, il y a toujours quelque chose à prendre dans ces conversations matinales, ritualisées ( le froid, le gel, le boulot, la dernière en date de tel protagoniste etc.).
Enfin on arrive au bureau, tranquillement installé face à la Seine, le long d'une voie sur berge passante, brillant des ses fenêtres teintées reflétant ciel et soleil.
Ah! Le Bureau... étriqué, préfabriqué, odeur de cigarette en arrivant le matin (les chefs de la RH clopent presque tous), mais confortable, assez chaleureux finalement, coincé entre les tas de dossiers de la formation, un petit espace derrière moi me servant de placard; J'ai installé deux petites plantes devant les fenêtres, malgré les consignes explicites de non-personnalisation des bureaux (de même il paraîtrait que l'on ne puisse personnaliser son fond d'écran). Je sors mon thermos (le café de la machine sélecta est trop dégueulasse) et voilà c'est parti pour une nouvelle journée au bureau. chouette.
ce matin, exceptionnellement, je vous écris de la maison, j'ai un rdv sur Paris tout à l'heure qui me laisse une petite marge pour glisser ces mots.

mardi 1 mars 2011

l'aven et le reste

WE dans le Finistère. Maison idéale: dans un parc arboré - de grands sapins très hauts, en surplomb de l'Aven, avec une large baie vitrée ouvrant sur la rivière, par tous les temps toutes les lumières on ne se lasse jamais de la vue: le manoir ou châtelet de Poulguin sur la rive en face, quelques collines, des bateaux de pêche à l'amarre sur le petit port de Rosbras, l'eau qui coule changeant de couleur en même temps que le ciel, des mouettes, et d'autres oiseaux moins familiers.
Balades le long du sentier littoral, côte découpée, vert émeraude de la mer, nuages noirs d'un côté, ciel absolument bleu de l'autre, la pluie semble être prête à tomber et nous sentons quelques gouttes par-ci par-là mais passons au travers des averses à chaque fois, et dans les trouées de bleu c'est un vaste soleil qui nous réchauffe, allumant de longues traînées vertes dans le bleu outremer de l'Océan.
On porte la poussette de Robin, deux ans, sur les parties les plus accidentées du sentier (escaliers rudimentaires en pierres, roches affleurant empêchant les roues de rouler).
C'est un émerveillement dès qu'on regarde vers le ciel et la mer, et la campagne elle-même encore préservée, avec son blé en herbe, ses chevaux épais, ses petites maisons blanches-toits d'ardoise, ses bosquets d'arbres noirs, les mimosas en fleur dans les jardins, gros bouquets jaunes contrastant sur le bleu vif du ciel.
Un ciel renouvelé, lavé par la pluie, brillant comme un sou neuf après chaque passage nuageux.
Et un petit dauphin échoué.