A nouveau lundi. Vaste ciel bleu, grand soleil qui sent le printemps même si l'air reste frais.
Hier on est allés se promener le long du canal de l'Ourcq mais du côté de l'Aisne (Mareuil sur Ourcq- la Ferté Milon). Promenade agréable ; nous marchons d’un bon pas dans un environnement très calme (on entend juste le chant des oiseaux); croisons quelques pêcheurs, des promeneurs du dimanche (des vrais) et de nombreux canards.
Saules, peupliers sans feuilles, gui formant des bouquets parasites dans les branches dénudées des arbres, quelques sapins.
A la Ferté Milon, une maison sur trois était à vendre; le bourg n'était pas désert mais ça donnait l'impression d'une ville sur le déclin, avec des canards, des jeunes qui s'ennuient, une voiture de police qui faisait des rondes, une église aux vitraux cassés par des jets de pierre.
Sur les hauteurs, les maisonnettes s'embourgeoisent, les rues sont pavées; on fait un tour dans les ruines du château, puis on emprunte un sentier qui mène au plateau désert offrant à la vue des kilomètres de terre.
On n’est pas mécontents de rentrer à la grande ville après ce petit bain de campagne entre douceur et légère désolation.
Le soir, suis allée voir le film de Manoel de Oliveira le centenaire, o estranho caso de Angélica. Très belle photographie, lenteur (image presque fixe de l’eau qui pourtant coule au-delà de la fenêtre toujours ouverte), comme un monde ressuscité du passé (la pension, les bêcheurs dans les vignes, le domaine de Quinta das portas, l’appareil photo et le goût des choses anciennes que cultive le héros). Moment agréable de cinéma sans que je puisse dire si j’ai bien compris de quoi il retournait dans ce film (de plein de choses sans doute et de la mort surtout ?).
Elle était bonne la ratatouille ce midi, et les côtes de porc aussi.

