dimanche 29 mai 2011

fête des mères

Dimanche ensoleillé. Bruit de fond de l'éternelle circulation. Paris 18è à l'heure de la sieste. Les trains ne font pas la sieste, inlassablement ils circulent, et roulent parfois sur un corps.
Encore un "accident de personne" ce matin. Antoine demande à son collègue "suicide ou accident?". Un suicide. Enième.
Mais bon ainsi va la vie (à la mort) et ainsi roulent les trains (sur les corps)
Les mots sont toujours ambigus. Ils vont parfois au-delà de ce que l'on pense, et c'est ce qui est intéressant avec eux. Et c'est aussi pourquoi ils peuvent être dangereux, on peut avoir des ennuis avec les mots (Lars von Trier, même si d'être congédié du festival, ce n'est pas un gros ennui).
Ainsi certains mots sont explosifs.
Quelle idée d'écrire dans un blog tous les 36 du mois. Si je ne suis pas capable d'être plus régulière, autant fermer la porte. Mais je la laisse entrouverte, je laisse traîner des affaires derrière, des trucs à ranger, avant de refermer. Parfois la porte claque sans que je le veuille.
Ainsi vont les choses
Ainsi de semaine en semaine court la vie, entre boulot et we, week-endes qui s'enchaînent, sans monotonie, calmes, au soleil, option barbecue sur balcon, longues discussions en soirées qui se prolongent jusqu'au dernier métro (il y aura toujours un dernier métro). D'ici, suivant le sens du vent, on pourrait presque entendre les messages inarticulés de la voix de gare du Nord ("le train n°... à destination  de... va entrer en gare voie 3, éloignez-vous de la bordure du quai s'il vous plaît; nous rappelons aux voyageurs que les titres de transports doivent être ..."
Beaucoup de trains ces derniers we; beaucoup de RER entre les trains... bouh! Marre du rer (à prononcer à l'anglaise, histoire de varier un peu les sons que l'on recueille dans le fond de son oreille). Les voisins du dessous fument des gros bedos le dimanche; ils doivent travailler dans la com, enfin j'en sais rien, mais ils bossent parfois le soir tard sur leurs ordis, en fumant un pet (je sais pas comment ça s'écrit, ça fait bizarre à l'écrit).
Pendant qu'on se la coulait douce à Paris et ailleurs, Eva traversait l'Atlantique dans le mauvais sens, dans le sens contraire des alizés si j'ai bien compris, vent de face, du Brésil à Madère, en croisant dauphins et baleine (une), en pêchant un peu de poisson et en mangeant beaucoup de jardinières de légumes venues du monde entier (le bateau avait fait un tour du monde avant d'être mis au repos vers Salvador de Bahia). Bref une vie de barre à tenir des heures durant, face aux étoiles et à la mer, des calages à trouver pour tout car on vit penché du fait que ça gîte beaucoup, écoper l'eau, faire à manger, boire de la cachaça et surtout, regarder la mer et ses couleurs, ses vagues qui forment un paysage continuellement changeant, des levers de soleil et au loin la terre qu'on espère toujours j'imagine quand on est au milieu de l'Océan, au milieu du vide (rempli de choses), au milieu de rien.
15h47, faudrait peut-être bouger un coup.
Bouger une fesse, puis l'autre, manger une fraise, plonger ses doigts dans le thym citronné ou le basilic, en entendant passer les trains, éternellement. Et appeler maman, car c'est la fête des mères.

jeudi 5 mai 2011

on reprend

le message interrompu hier par l'imminence du déjeuner (à la pétanque comme tlj ou presque, où José était débordé - café au soleil en terrasse à parler boulot, boulot, boulot, encore et encore).
On se lève pour aller bosser, le midi on parle boulot pendant qu'on mange, le soir on rentre et on évoque la journée au boulot, on parle encore du boulot, de celui qu'on a, de celui qu'on voudrait avoir, de celui auquel on n'ose prétendre etc. pendant qu'on parle on mange, puis on lit puis on dort.
Hier c'était un vieux chou-fleur qui traînait depuis des lustres au fond du frigo et qu'il a fallu faire cuire, après un dépeçage méticuleux des parties brunes, dont ne sait pas si elles pourraient se révéler nocives; en nettoyant le chou-fleur je pense aux temps de guerre, aux crève-la-dalle qui se mettraient n'importe quoi sous la dent pourvu que ça s'ingère, et je me fais la réflexion qu'on est un peu cons, qu'on est pas mal cons même à vouloir faire attention à tout, mais je continue à élimer les parties brunâtres avant de séparer les bouquets du pied pour les disperser dans la marmite au milieu des navets, des carottes et des oignons. Puis on attaque la tarte aux pommes, que je dispose sur une fine couche de compote de rhubarbe et qu'on mangera avec la verveine du soir. La verveine d'Algérie je crois.
Je bouquine Purge de Sofi Oksanen depuis lundi; j'ai lâché Aracoeli d'Elsa Morante que j'ai du mal à lire.
Le buis en contrebas est bien taillé, les jardiniers sont partis après avoir soufflé les feuilles.
De partout dans les petits jardins de Vitry jaillissent des roses. C'est une explosion de rosiers rouges, jaunes, roses, blancs et je pense à venir un matin avec un ciseau pour me couper une fleur que je mettrai dans l'eau en arrivant au bureau.
Les hommes en costard clair sortent déjeuner. Les femmes ont souvent du rouge aux ongles et aux lèvres aussi et sortent déjeuner tout pareillement - il est midi passé.
L'olivier du carré de pelouse, le lierre sur la maison du gardien, le grand tilleul dans le parc derrière tremblotent: il y a de l'air. la Seine miroite derrière mon épaule gauche, lointaine.
Allez je vais déjeuner. 

mercredi 4 mai 2011

What a weather

un bail que je suis pas venue là, voir mon parchemin, arroser les pages pour pas qu'elles meurent, planter d'autres mots, des mots printaniers 
j'ai bougé à droite à gauche et puis la seule option pour écrire c'est la pause déj ou le soir. La pause déj je sors, le soir j'ai pas très envie.
J'ai été dans le Jura c'était beau; j'ai été en Turquie, temps bouché, voyage reposant; j'ai été dans le Queyras, mes jambes ont flageolé en arrivant au sommet; quand même c'était chouette; c'est plus imposant que le Jura mais ça fait plus peur aussi. J'ai été à Marseille, c'était bien mais trop court - vu des tas de villas sur le Roucas blanc. Et puis là je suis à Vitry, je vais partir déjeuner, et je regarde les hommes de Pinson tailler les haies en bas.