jeudi 28 juillet 2011

pas vague

Finalement, même si j'en avais l'intuition quand j'ai parlé de la vague des parisiens qui se retirait de la ville, la ville ne semble pas s'être vraiment vidée. Certains matins toujours autant de monde dans le métro; à l'extérieur les voitures continuent de jouer à touche-touche. Le bruit de la ville plane au-dessus d'elle. Hier les trains qui passent tous en même temps sur toutes les voies de la gare du Nord; un tohu-bohu de trains se croisant dans le crépuscule - c'était beau. L'intérêt la nuit c'est qu'on ne voit pas s'il fait gris. On sent l'humidité dans l'air - quand je fume ma cigarette à la fenêtre de la cuisine. On frissonne. Surtout après le cours de yoga ashtanga dont je pensais stupidement que comme c'était du yoga ça serait calme. Que dalle; 1h40 de cours hyper tonique avec des postures impossibles à tenir, le souffle court, ou plutôt l'échec de voir le souffle circuler dans les muscles tendus par l'effort et qui du coup font souffrir. j'étais canée en sortant.
Pas un vrai brin de soleil depuis des jours. Espérons qu'il fera meilleur sur les montagnes! 
et bonnes vacances à ceux qui en prennent.

mercredi 27 juillet 2011

onychophagie

Je lis Disgrâce de Coetzee; suis rendue à un passage haletant et pense déjà au trajet retour où je pourrais reprendre ma lecture. Pour la première fois ce matin, j'ai lu en marchant, entre la sortie du RER et le bureau. je referme le livre en pénétrant dans le hall, fais la transition entre fiction et réalité dans l'escalier, allume l'ordi et c'est reparti. La machine fonctionne bien, qu'on ait envie ou non, on allume l'ordi, la messagerie professionnelle se met en route et voilà c'est reparti pour une journée. C'est presque magique. Qu'importe l'humeur, l'envie, la disponibilité d'esprit, le bien-être physique, nous voilà absorbé par l'écran, par tous ces mots tracés qui induisent des actions ou des réponses, souvent l'un puis l'autre.
V. me dit qu'il aurait bien suivi la suite des aventures de Frankie l'ami subi, il me reste 2, 3 trucs à raconter si j'ai le courage de revenir en arrière.
Pelouse tondue, buis taillé, la Seine qui s'écoule toujours dans le même sens, c'est bien rien n'a changé, chaque chose est à sa place, moi derrière l'ordi, à taper avec deux doigts (je sais c'est ridicule néanmoins je tape vite). Trop flemmarde pour changer mes habitudes de frappe.
Mes ongles poussent; un peu trop d'ailleurs, tous ces machins qui dépassent, susceptibles de griffer, qu'il faut limer, tailler mais pas trop car sinon ça revient à les ronger, bref, je suis pas très à l'aise avec mes ongles et je m'interroge régulièrement sur la manière dont on rompt avec une forme d'addiction, une pathologie légère mais réelle cependant (l'onychophagie). Pourquoi un jour on arrive à s'arrêter pour de bon, pourquoi d'autres fois on croit qu'on va y arriver puis on "replonge"; qu'est-ce qui se passe dans le cerveau qui commande le fait d'arriver ou pas à s'arrêter... je pense que ça dépasse la question de la volonté, pourtant presque toujours mise en avant quand il s'agit de rompre avec une dépendance/ une mauvaise habitude/ un tic etc.
Je sens que cela a à voir avec des choses beaucoup plus profondes, beaucoup plus enfouies, lointaines, fuyantes, dissimulées qu'une histoire de vouloir ou pas vraiment vouloir arrêter. Il se passe des choses très loin en nous qui ont pourtant des retentissements majeurs.
Je ne suis pas sûre que cette fois-ci sera la bonne, mais c'est pas grave, c'est intéressant de sentir que cette fois-ci n'a pas partie liée avec la volonté, en quelque sorte ça s'est fait comme ça ; mais je mentirais si je disais que c'en est fini: j'ai gardé les pouces à ronger. C'est stratégique: au lieu d'en sacrifier 10, si l'automatisme inconscient qui me les fait ronger reprend, j'en ai 2 à me mettre sous la dent. C'est pas beaucoup du coup j'y vais un peu fort, mais avant j'y allais fort sur 10 de toute façon, alors c'est un peu comme mes patch à moi.

lundi 25 juillet 2011

vague

Paris semble se vider à l'approche du mois d'août; cela fait comme une vague qui se retire. 
On trouve de la place dans le métro; hier j'ai réussi à courir un peu sans avaler trop de gaz d'échappement; le pouls de la ville ralentit.
Le temps est toujours incertain, on s'habille un peu au hasard.
Au bureau les haies sont toujours bien taillées - c'est le seul truc qui soit bien fait d'ailleurs. Tout est question d'apparence... De par notre grand hall d'entrée avec son pot doré, ses murs végétalisés, le regard qui peut monter sans obstacle jusqu'au plafond vitré, les jardins bien entretenus devant et derrière le bâtiment, on affiche un sérieux et une importance à destination des clients qui s'effrite à mesure qu'on pénètre dans les arcanes de l'entreprise. Nous avons interdiction de personnaliser les bureaux, de déjeuner au bureau, des restrictions de fournitures, des consignes contradictoires, des petits chefs qui brutalisent verbalement des petites mains, bref, tout n'est pas rose dans l'entreprise, jusque là tout va bien, c'est le contraire qui semblerait suspect à présent, nourris que nous sommes au lait du "trouve du boulot et garde-le", "de quoi te plains-tu t'as un salaire", "tu sais dehors il fait froid" etc. Je ne parle pas de moi, qui subis peu, mais des salariés en général.
Le long de la Seine des hommes en gilets fluo s'activent sur des travaux d'agrandissement, d'embellissement, comme chaque l'été.

mardi 19 juillet 2011

flotte & collègues

suis sortie sans parapluie ai pris la pluie ce matin ai pris la pluie ce midi vais la reprendre en début d'après-midi
vais salir mes bottes en cuir
mes bottes jaunes made in Brasil
j'ai les lunettes constellées, une robe en lin qui n'essuie rien
dois repartir pour Rungis (la fraternelle...) d'ici 1h et arriverai là-bas telle une vraie poule toute mouillée 
j'aurai plus qu'à passer à la passoire, à l'essoreuse; vais goutter sur mes feuilles, l'encre va se diluer, le texte se brouiller et je resterai là sans rien dire, dans une légère confusion mentale, en attendant que ça passe
Ce soir j'ai rdv chez Mme R. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui raconter? ma peur du vide, le rêve à l'argile, mon we entre Rhône, Haute-Loire et Isère; je pourrais lui parler de la pluie qui tombe; un jour la pluie s'est mise à tomber et depuis ne s'est plus arrêtée; ça s'appelle un déluge, certains parlent même du Déluge avec un grand D.
En face le téléphone sonne dans le vide - ma collègue est juillettiste (mais elle sera aoutienne également)
les hommes passent avec leurs grands parapluies noirs.
Ce midi, alors que nous mangions comme chaque jour entre collègues, j'ai fait une allusion à l'hypocrisie poussée de certaines personnes en milieu professionnel, en citant l'exemple d'une amie qui en avait fait l'expérience récemment (le coup de la nana qui croit que sa collègue est une amie alors que celle-ci la casse par derrière). Je ne sais si L. s'est senti concerné le fait est que lui qui est bavard n'a plus ouvert la bouche jusqu'à la fin du repas. Que dois-je en conclure: que K. mitonne ou que L. me casse du sucre sur le dos?
N'ayant aucune envie de m'expliquer à ce sujet avec L. (puisque je suis censée n'en rien savoir) et n'ayant aucunement changé mon comportement à son égard, j'ai trouvé la situation cocasse à table; cette ambiguïté du silence de L était-elle significative? ma naïveté me pousse à en douter mais il semblerait qu'elle le soit...

lundi 18 juillet 2011

message rapide

au sortir d'un we prolongé qui fût très agréable je retrouve mon poste sans penser à rien, mais de fait me voilà replongée dans des problématiques un peu chiantes dès que j'ouvre mes mails. Je sens une forme d'énervement poindre en moi en ce lundi matin gris et humide; mais la matinée file, se profile la pause déjeuner, mon steak et ma salade de fruits avalés je reviens à mon poste - qui a changé de taille depuis vendredi du fait d'un échange sauvage d'écran par mon soi-disant collègue qui m'a mis le sien plus petit à la place, ce dont je me fiche complétement en réalité si ce n'était qu'il l'a fait en cachette, ce qui est énervant; il est un peu con tout en étant aimable, je fais avec. Donc retour de pause déj, quelques minutes précieuses pour venir faire un tour ici (c'est fou comme les minutes passent plus vite ici que dans le train).
Dehors la pluie hésite, des gens fument leur clope avant de se remettre au travail - l'après-midi est sur les starting-blocks. 
Les DRH à côté se sont replongés dans les contentieux et fument goulument des clopes pour alimenter leur stress ou maintenir leur cerveau éveillé - le fait est que ça sent le tabac refroidi quand j'entre dans le bureau après manger. Et on est obligé d'entrer dans le bureau après manger puisqu'il est interdit de manger au bureau.
Quant à moi je ne sais si je suis une coureuse de fond, en tout cas j'ai pas envie de sprinter.

mardi 12 juillet 2011

pause

c'est la pause déjeuner; je suis allée chercher um sandwich misto chez José avec une salade de fruits. Pour une fois j'ai presque un peu de temps devant moi (demi-heure); hier je dis à T. que j'ai peur de me réveiller un jour et d'avoir l'impression d'avoir dormi trop longtemps. C'est bête car je profite de ma vie, je n'ai pas l'impression de passer à côté, mais à quoi tient le fait qu'un jour on se réveille comme d'un long rêve éveillé ou d'une veille (l'oeil à demi ouvert, à demi fermé)? Et qui me dit que je ne passe pas en fait mon temps à occuper le temps plus qu'à investir la vie en train de se dérouler sous mes yeux? 
Mon sommeil n'en a pas été troublé pour autant. Quand il s'agit de dormir, ces derniers temps, je sais faire.
la petite plante effet plastique fleurit par intermittence depuis des mois devant la fenêtre. Annie comme moi parle toute seule à ses papiers. De temps en temps il m'arrive de parler à mon dictaphone également.
Je crois avoir du temps mais quand on écrit le temps passe à une vitesse! car je n'écris pas comme une dactylo, j'écris lentement, je m'arrête, je fais un mail pro à côté etc.
Le ciel... bleu, blanc, couvert, à la pluie, puis découvert, re-bleu, re-blanc, et c'est pas fini (il n'est que 13H43). Hier j'ai regardé un docu sur Piotr et un nom polonais imprononçable, un pianiste complètement francophone (même que sa soeur aussi bien que violoniste); oui il est fort en piano, mais fort en langue aussi et très fort en mimiques. Piotr Anderszewski.

lundi 11 juillet 2011

juillet mûrit

Peur que l'été s'envole comme il s'était envolé il y a un an. 
L'an dernier je commençais chez Atalian en juin, j'avais réussi à m'échapper une semaine en août, cette semaine avait été remplie à ras-bord de paysages verts, jaunes, bleus, de l'Auvergne à la méditerranée.
Cette année je finirai également sur la Grande Bleue, mais à pied et depuis les Pyrénées.
Après la Mauritanie, la Turquie, la Suède - dont je n'ai absolument pas parlé mais il y aurait de quoi écrire - les prochaines vacances se passeront dans les Pyrénées orientales, sur le GR10 de Vernet les Bains à Banyuls environ.
J'aimerais passer par Céret, où mes grands-parents ont eu une maison de vacances je crois. De loin ce coin me donne l'impression qu'il ferait bon y vivre, et j'ai envie d'aller vérifier cette impression, tout en étant incapable de savoir si la translation Paris-Province se fera un jour. Car si je rejoins ce Sud, je passe à côté d'un autre Sud, plus au sud encore, plus irréel, tout simplement plus lointain.
L'heure du déjeuner va s'achever, le temps me manque pour fignoler mes messages, et puis le soir se bousculent le retour du travail, une activité, un dernier trajet pour rejoindre l'appart, la préparation d'un dîner même simple et voilà que la soirée est déjà derrière moi souvent.
Alors je pense au plaisir que j'aurais à me glisser dans le lit pour finir la trilogie de la guerre d'Alan d'E. Guibert. Je l'ai terminé hier et suis triste de plus avoir ma ration des souvenirs d'Alan pour ce soir. Alors je regarderai un Moretti ou je commencerai Sagan, des bleus à l'âme, que j'avais emporté en Suède sans avancer beaucoup et qui depuis traîne sur la table de nuit.
Avec ça juillet mûrit et je veux profiter du plein été, sans toujours bien savoir comment m'y prendre.