mercredi 31 août 2011

un autre jour

milieu de semaine; voitures roulantes; retour de pause; grande assiette bleue; plus de tiramisu; hier lasagnes maison chez delfichaux; audrey s'était coupé les cheveux, ça faisait de petites bouclettes autour des oreilles; lyou avait ses cheveux en épi; mon thé à la vanille est tiédasse - enfin froid en réalité.
rentrée - les gens rentrent - la capitale aspire ses femmes et ses hommes qu'elle fera circuler dans un long couloir éclairé aux néons pendant des mois, fuyant l'été, les jours sensuels et chauds mais trop rares qui ont parsemé l'été, s'enfonçant dans les tunnels éternels de l'hiver souterrain, faisant de la gymnastique pour se dégourdir les jambes après le bureau, de la piscine de temps en temps si j'y arrive un peu de flamenco par-dessus la vie reprend comme elle n'a jamais cessé de filer à ce rythme de cheval fou 1 an 2 ans 10 ans passeront. Vive les bananes

vendredi 26 août 2011

après l'orage

ça va mieux après une nuit orageuse; la pluie a nettoyé tout ça qui traînait dans ma tête, et sur les trottoirs (comme la pisse des hommes). L'air est lavé de la chaleur accumulée les derniers jours, les gens ressortent les vestes et comme ça me donne des boutons je repars au soleil, dans le sud, le seul endroit épargné par les nuages aujourd'hui, Marseille.
A mon poignet le bracelet rapporté de Murano, aux pieds des sandales vert olive et le vieil Eastpack récupéré de Jé sur le dos, avec ses tâches de peinture et fermetures qui coincent. Pas de sac à main - je suis venue léger. ce midi la morue du vendredi. Hâte de quitter la grisaille de Vitry néanmoins - il faut plus d'une morue à la crème pour me retenir.
L'heure tourne, pourtant les minutes paraissent longues quand je regarde en bas à droite de l'écran.
bon we

jeudi 25 août 2011

malaise

blabla blabla bla blablablabla
vous connaissez ce sentiment de pas être vraiment à sa place? De s'inquiéter sur ce que les gens pensent de nous... de ne pas avoir très envie d'être en leur présence trop longtemps; de se sentir obligé de sauver la face, je veux dire par là faire un peu semblant, surjouer ce que l'on est pour donner le change aux autres... éviter trop de désaccords, parler avec eux de choses qui me laissent complètement indifférente.
Certains collègues sont de ces personnes avec lesquelles je me sens ainsi, pas tout à fait à mon aise, pas dans la vérité de ce que je pense et ressens; ça n'est pas très agréable, pas très confortable mais je m'oblige à des moments de sociabilité avec eux pour éviter de laisser croire que je m'isole. Bref, je me mets dans des situations que je n'aime pas vraiment comme si je me devais de passer un minimum de temps avec eux pour donner l'impression que je fais partie de la même bande, la même tribu débile et passagère, la meute de la rh...
L'une parle beaucoup, beaucoup de choses futiles; l'autre parle moins mais donne la réplique très facilement quand il s'agit de ne rien dire vraiment; une troisième m'apparaît tout à fait du même genre, le genre à parler des mêmes trucs que les deux autres, à commenter les mêmes émissions télé, à critiquer les mêmes personnes, à avoir des idées ordinaires. Un quatrième est un collègue plus proche dont j'ai déjà parlé. Bavard ou silencieux, dont je me méfie car je sens que ses intentions à mon égard ne sont pas transparentes, malgré les tours d'illusion dont il fait preuve. je sens l'animosité chez lui, une vague volonté de nuire, complètement sous-jacente et souvent submergée par une belle convivialité en apparence. Une graine d'hypocrisie bien semée, et arrosée ce qu'il faut pour durer.
Les deux collègues que j'apprécie le plus sont tous les deux d'origine algérienne, et les deux sont absents aujourd'hui et je me suis tapée un déjeuner à écouter des conneries bon enfant, au soleil heureusement.

mardi 23 août 2011

chauds les marrons

Pause déj. La chaleur grimpe par la fenêtre entrouverte.
La fenêtre entrouverte laisse passer les bruits de la circulation tandis que les nuages se sont éparpillés depuis ce matin.
Ce matin où la ligne C du RER était paralysée j'ai pris le bus jusqu'à la Mairie de Vitry, ai fait un tour rapide sur le marché, le temps d'acheter une part de quiche et une pêche jaune pour ce midi, puis ai commencé à marcher pour rejoindre Vitry à pieds. C'était chouette cette marche.
C'était pour la peine extra-ordinaire.
Hier les nuages en soirée se sont amoncelés dans le ciel pour faire de gros bouillonnements sombres d'où sortaient de loin en loin des éclairs. 
Le ciel avait une couleur superbe, des gros bouillons de noir et de gris qui s'enroulaient les uns autour des autres en formant des masses plus ou moins sombres au-dessus de la Ville. J'ai pris des photos. J'ai vu un œil orageux dans les nuages, je ne sais si ça rendra sur les photos.
Puis au matin petite pluie très fine; quand je sors elle s'est interrompue; vers 10h le soleil revient et avec lui une onde de chaleur me traverse. Par-dessus il y a de l'air. Le mois d'août est encore là, calme, assis sur son siège magistral de vétéran de l'été il donne ses ordres pour terminer le mois en beauté: je veux des orages par ici, par ici une canicule, par là quelques pluies de grêle, des agriculteurs inquiets, des pommes déjà prêtes pour la récolte, des raisins grillés de soleil qui feront de savoureux vins cuits.
Des papillons blancs virevoltent devant la baie vitrée; des oiseaux passent au loin sous la menace d'un nuage qui obscurcit le ciel vu de ma fenêtre. La couleur du temps change quand il rattrape le soleil. La lumière se voile, les fleurs frémissent, un avion passe au-dessus d'Alfortville, des morceaux d'air traversent les cheveux roux des femmes, qui s'agitent comme des chevaux en liberté.
Je vais faire quelques pas dehors. 

mardi 16 août 2011

retour

Paris ne peut être un bercail. Cependant c'est ici que je vis, très bien comparé à d'autres, plutôt bien sur mon échelle subjective de valeurs. On n'a jamais hâte de rentrer, encore moins hâte de retourner travailler; c'est une vieille litanie.
Août a vidé la ville, cette fois-ci pour de vrai. Il y a des relents d'ennui dans les couloirs, des gens qui mangent leur sandwich seuls dans les parcs - les collègues sont partis; il se dégage de tout ça une impression de calme inhabituelle qui me va bien à moi.
Hier en rentrant on découvre les plantes grillées sur le balcon - elles ont cruellement manqué d'eau, tandis que nous en avions trop. Hier avant de rentrer je me baignais dans la Manche, avec ses jolies algues vertes qui font des traînées de couleur sur le sable blanc à marée basse.
C'est étrange sans l'être d'être ici, de retour derrière l'ordinateur, heureusement sans la presse habituelle car c'est août, les gens dorment un peu, un œil ouvert un œil fermé, on peut encore se cacher derrière des mots.
Plein Août. Pleins feux sur la ville. Je raccroche.