Hier au parc floral du jardin de Vincennes nous traversons le jardin des dahlias, fleur commune mais aux multiples hybridations. Toutes les nuances ou presque semblent avoir été trouvées par les botanistes qui trifouillent la génétique des fleurs depuis des décennies (des siècles peut-être).
Lundi de fournaise douce au bureau (il est 13h30, le soleil a frappé sur nos vitres toute la matinée), après un week-end tout en lumière, se déversant par hectolitres sur le balcon où nous ne pouvons même pas manger car il y fait trop chaud.
J'aime tellement ces températures, enfin on touche un peu aux tropiques de l'enfance, enfin une atmosphère qui rappelle la sensualité du Sud, cette lumière qui plombe, ce ciel tout blanc à force de soleil, la paresse qui s'empare des êtres, qui vous laisse alangui dans la pénombre d'une pièce, attendant le milieu de l'après-midi pour sortir.
Je m'y sens bien, dans ces jours éclatants du début de l'automne, quand les tomates sur le balcon continuent de rougir, les fraises de se former, les plantes de pousser; la végétation semble croire à un deuxième été, elles se méprennent et vont être saisies par le froid quand subitement il arrivera, une nuit comme ça sans prévenir, le froid leur tombera dessus et les tomates n'auront pas le temps d'atteindre leur maturité, les fraises resteront figées entre le vert clair et le rose, les plantes s'arrêteront en plein croissance, le basilic finira de sécher, la menthe de faner.
Aujourd'hui, alors qu'il fait encore si beau et que je sais qu'il s'agit d'un sursaut de l'été, d'un sursis, je ne peux m'empêcher de vouloir être ailleurs, ailleurs que dans ce bureau où, ayant atteint 28° Annie déclenche la clim et voilà, quelques minutes après il fait 25° et nous sommes bien mais nous sommes au bureau, dans le piège des horaires imposés et des contraintes, comme dans une souricière.
Tout le monde parle du temps exceptionnel que nous avons, commente le temps passé présent et à venir, accepte ce qui vient ce qui part, accepte de jouer à la loterie de la vie, la grande roue de la fortune et je déchire moi-même un daily's fortunes pour y rencontrer - ou non - mon humeur du jour.
L'humeur est clairement à l'envie d'être dehors, ailleurs; le daily's fortunes dit "Pour faire le point sur vous-même, une seule solution: quitter votre domicile, même pour un court séjour. Résultat garanti."

