Noir noir dans la chambre, du fond de la couette émergent des rêves d'animaux, de bottes de pêcheurs...
Laborieusement je mets un semblant de conscience en marche; lundi matin, le temps est brouillé, le earl grey brûle, les voies de chemin de fer venant de gare du Nord sont saupoudrées de blanc; il a reneigé dans la nuit?
Métro -à la sortie il fait bleu; peu après de derrière les vitres du bureau nous admirons les gros flocons qui s'abattent sur les rails de la gare Montparnasse. C'est beau, il neige de partout, le ciel disparaît dans ce tourbillon de flocons blancs.
Une demi-heure à peine et le vaste ciel bleu envahit à nouveau le haut de ma fenêtre.
Je pars vers Pasteur, j'essaie de raisonner ce qui déraisonne en sourdine chez moi dans le métro aérien; on traverse la Seine, elle est verte, le ciel est beau et brouillé au-dessus, ça me rappelle une promenade que nous avons faite là, à cet endroit, ce bout de terre allongé sur la Seine, où l'on est obligé de rentrer par le même chemin qui nous a amené.
badaboum badaboum
Ah! L'âge adulte...
Le ciel s'assombrit, c'est la fermeture des bureaux, bientôt je m'en irai dans le noir, dans la même onctueuse obscurité qui était là ce matin quand je me suis réveillée.


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