Vieillesse - sarment de vigne
vie dans les angles morts de la planète; vie aux confins,
vie sans rien que soi.
Vie autour de soi, qui se tourne autour.
C’est l’arrivée en haut,
tu es entourée de torchis,
derrière s’élance la calme pente du déclin.
Si je m’essouffle en gravissant la pente, tu t’essouffles deux fois plus en la dévalant
je peine
le ciel est parti
l’ancienne idée qu’on se faisait du ciel reste en l’air par contre
L’air qui est un air du temps, le temps des fleurs.
le départ
tu es vissée sous serre, peines à respirer
RESPIRER
étouffe
la couleur du maïs mûr, mais derrière les murs
le torchis t’entoure
sous la serre, plastique brûlant
Rouge plissé de ta lèvre auquel je ne ferai pas allusion
sillons dans tes lèvres chéries
Il faut se dire quelle douleur quelle douceur c’est de t’avoir
je ne peux rien faire, sinon suivre le mouvement silencieux de tes lèvres
je ne fais rien d’autre que d’être là, à te regarder finir
Maussade le temps qui s’affiche sur les murs,
les murs peints aux couleurs du dehors
mais l’extérieur est amoindri
comme un soleil taché
Diminué l’espace, rétracté derrière les voiles de tes yeux
Je trempe le doigt dans ton eau morne
il pleut en biais
les gouttes s’éclatent sur la vitre,
planent.
La fatigue me mange les yeux,
j’ai l’impression d’avoir avalé des papillons acidulés qui me chatouillent la gorge
pour ne pas céder aux larmes je garde le regard fixe,
loin de ta vieillesse, tout près de ma jeunesse
je t’embrasse et t’aime,
delphine
(octobre 2003)
lundi 8 février 2010
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2 commentaires:
C'est marrant, je me souviens bien d'une discussion entre toi, moi et V. au sujet de O. (pour faire comme toi) et d'un poème que tu lui avais écris. On discutait de l'intérêt ou non de le lui faire lire. On avait des avis très nets. Je crois même m'en souvenir.
Mais surtout je me souviens m'être dit après coup que cela avait bien peu d'importance. L'important c'était que votre relation t'es inspirée cela, le reste est accessoire.
J'espère que ça va bien.
Et bien c'est le texte en question, dont nous discutions à l'époque, dans cet appartement sous les toits qui ressemblait à un bateau avec son lambris blanc, rue de Parme, et je suis d'accord: ça a peu d'importance au final de faire parvenir ou non un texte à la personne qui nous l'a inspiré. Celui-ci a brûlé avec O., sans que j'y voie de symbolique particulière, c'était juste la dernière occasion de le lui donner. tout va bien, je t'appelle bientôt.
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