Elle s'appelle El....elle me parle de son espace vital qu'elle n'aime pas voir pénétré, qu'elle en a une conscience forte et qu'elle fait un pas en arrière lorsqu'on vient lui parler de trop près. Je comprends bien tout ça, je hoche la tête, ne réponds pas vraiment, visiblement le fait que je sois là à l'écouter sans rien dire lui suffit; il ne s'agit pas de vrai dialogue; comment te faire comprendre El... que ce que tu reproches à certains tu le fais avec moi? Tu es intrusive, tu viens me trouver toutes les 4 minutes pour me parler, me parler me parler; par politesse je t'écoute, puis pour montrer que je suis occupée détourne mon regard vers mon écran, mais pas longtemps, je ne veux paraître trop impolie, je veux juste suggérer que j'ai des choses à faire, ou bien rien d'ailleurs, cela ne change rien, je veux te suggérer de me laisser seule, d'arrêter de t'introduire dans mon espace vital (ma pièce-mon bureau), d'arrêter de venir sans cesse requérir une attention que je suis fatiguée de donner, fatiguée; je voudrais et n'ose te dire "laisse-moi tranquille, s'il te plaît laisse-moi tranquille, arrête de me parler...."
Arrête de me parler El, tu me parles trop, tu parles tu parles tu parles, j'aquiesce, je fais en sorte d'être compréhensive, je te rassure quand tu demandes à l'être, j'essaie de sourire quand tu fais le clown, je parle quand tu attends une réponse et suis incapable de te dire: "stop, retourne dans ton espace, arrête d'empiéter sur le mien, je n'en peux plus de t'écouter, je n'en peux plus."
Quand saurais-je te le dire?
Tu me parles de toi, de tes soucis, tes impressions, ta robe de mariée, tes petits doutes, tu ne sais pas tout ce que j'ai dans la tête à ce moment-là moi, tu ne sais pas ce que je vis, ressens pense car je ne te le dis pas, car je n'ai pas envie de partager tellement tu parles trop; je n'ai pas envie de te confier ce qui pèse tellement plus lourdement que le choix de ta robe... Bon Dieu El, comment te dire... car je t'aime vraiment bien, mais c'est fou comme tu peux me fatiguer parfois.
Allez, sans rancune, ça m'a fait du bien de le dire ici, car jamais je n'oserais te le dire en vrai.


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