c'est fou comme on peut raconter n'importe quoi dans un blog (sauf l'intime peut-être, pente savonneuse); on peut parler de crêpes au lait de chèvre, histoire de se mettre en appétit (mais la viande de pot-au-feu flotte encore dans l'air)
Lait de chèvre: me rappelle une crème artisanale pour le corps achetée dans une petite boutique à Nova Friburgo, RJ, BR. L'odeur a la longue était entêtante. Contrairement au shampoing Natura à la mangue, au cupuaçu, au parfum de maracuja, d'acerola, à tous ces fruits exotiques qui donnent envie de se laver les cheveux tous les jours.
La nuit est tombée sur une ville très humide aujourd'hui samedi. Les trains en-dessous ont fini leur va-et-vient, il y a comme un semblant de calme. On allume les lumières - la ville s'est déjà allumée pour la nuit.
Mais klaxons, perceuse dans un appartement au-dessus, manoeuvre d'un train viennent démentir le semblant de calme, cependant que tous ces bruits arrivent étouffés jusqu'à moi. Sans doute étranglés par la pluie.
Ma langue râpe mes lunettes qui sont couvertes de minuscules rayures qui gênent mon oeil face à l'écran réfléchissant; rayures et craquelure de l'anti-reflet, qui devait être chinois.
Débandade d'Audrey et Lyouben, que je peux nommer car ils ne liront pas ce message.
- tu m'en veux pas trop j'espère?
- non je ne t'en veux pas (et j'ajoute pour moi-même: j'y suis tellement habituée)
- non je ne t'en veux pas (et j'ajoute pour moi-même: j'y suis tellement habituée)
Avant il m'arrivait de râler fort après lui, après eux, pour cette incapacité à honorer leurs engagements. A force cela devient dérisoire de râler après la nature même des gens. On finit par effectivement les prendre tels qu'ils sont (je n'ai cependant jamais voulu les changer), on prévoit des solutions de secours.
Le coup d'ailleurs n'est pas pendable; tout est toujours justifié quelque part. Il existe toujours une justification à tous nos petits manquements. Moi j'ai pu passer parfois beaucoup de temps à en chercher, quand je n'honorai aps un RDV ou l'honorai avec un retard conséquent. J'essaie à présent de réduire le temps des justifications - mais ainsi que je viens de le dire pour A et L, il est difficile aussi de lutter contre sa propre nature - qui est à la justification permanente.
"Non mais tu comprends, y a eu ça puis ça et puis tu sais ..."
Oui je comprends bien sûr, et je ne suis même pas déçue, comme je te dis silencieusement, j'ai un peu l'habitude avec vous et ça finit par m'indifférer. On fera sans et puis c'est tout. La Camargue c'est bien aussi.
(Trèvou-Tréguignec c'est mieux encore) On ira pêcher la palourde, on fera des châteaux dans le sable glacé, on regardera la mer ne pas étinceler - c'est novembre, elle sera grise, bleu, houleuse peut-être. On fera du feu dans la cheminée, on mangera des galettes, on sortira les cirés, on marchera longtemps le long de la mer sans rien se dire, en regardant au loin mais l'esprit tourné vers l'intérieur, vers soi, le passé au soleil, le présent parisien, le futur comme un écran blanc; on doutera de ce qui a eu vraiment lieu, on se dira qu'il ne nous suffira pas d'une vie pour, enfin, réussir à écrire, on se demandera s'il est raisonnable de penser à sa retraite, s'il est raisonnable d'être raisonnable, si la mode est aux fourmis, je continuerai de leur préférer le chant des cigales, et sur ce genre de réflexion on se dira qu'on n'a pas avancé d'un iota, sauf dans la balade réelle, pas la balade imaginaire au pays des Questions; dans la balade, la vraie, la mer aura eu le temps de changer dix fois de couleur, le ciel de se faire refléter sous toutes ses coutures, les mouettes de mourir.
ça n'a rien à voir mais j'en ai vraiment marre des chanteurs mous qu'on entend la plupart du temps sur les ondes, des chanteurs avec une voix toute molle et juvénile qui chantent des balades dites acidulées, légèrement romantiques légèrement désabusées; c'est de la chansonnette qui fait pas de mal, sur le coup mais ennuie à la longue, et finit par donner envie d'éteindre la radio. Le silence est préférable à leurs pâles ardeurs d'apprentis-chanteurs.
Mais au fond, peut-être qu'à cette heure entre chien et loup c'est toute musique chantée qui m'ennuie; c'est la grève à la radio alors il n'y a que des chansons, et beaucoup de chansons molles de début de soirée de samedi casanier. Ah, celle-ci swingue légèrement plus et donne un peu moins envie de se pendre.
Sur le fond d'écran la baie d'Alger.
Puis voilà encore une chanson nulle et fatigante, un peu déprimante pour ceux qui n'ont pas l'énergie de la rejeter comme moi; moi je la rejette en bloc comme ça elle ne m'atteint pas - néanmoins je ne peux faire abstraction, il faudrait que je me déplace jusqu'au poste, or je suis bien installée sur le canap à écrire mes conneries.
Allez, je clos l'épisode.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire