Même appartement, même emplacement sans doute - face à la porte-fenêtre ouvrant sur les toits, le clocher de l'Eglise Saint-Bernard et le quartier de la Goutte d'Or, la ribambelle des nuages glissant vers le Nord-Est dans un joli ciel gris pâle, avec un peu d'oranger au ras des toits; même saison - l'hiver - mais après plus de deux ans d'absence sur ce blog.
Que s'est-il passé depuis deux ans? Tout et rien.
Je vois la fumée s'évader des cheminées et filer dans le vent, le ciel est un tableau mouvant qui avance en silence, avec pour bruit de fond les trains invisibles qu'on entend passer en contrebas, mon nez bouché et ce rhume qui s'étire et me laisse la tête lourde et l'esprit légèrement brumeux.
Entre-temps Gaspard est né, et nous avons fêté sa première année (et avec lui les rhumes à répétition qu'on se refile amoureusement, avec d'autres désagréments de saison).
Le ciel blanchit, s'éclaircit-il? Rien n'est moins sûr. Il y a du vent. Une des cheminées que je voyais fumer tout à l'heure s'est arrêtée. Un soleil indirect perce laborieusement et brièvement les nuages, puis le ciel se referme.
Je me mouche, mon nez se rebouche, je me mouche, mon nez se rebouche, comme le ciel.
Je dois chercher un nouveau métier. Non, je dois trouver un nouveau métier, une nouvelle activité.
J'ai quitté mon job. Mon job de "Chargée du Reporting social et de l'Insertion" à Vitry-sur-Seine. (Chargée de mon c..)
J'ai profité du prétexte du déménagement à venir pour quitter ma boîte, sans regrets, sans tristesse. Trois ans et quelques à faire des tas de trucs et à s'affairer, mais ai-je fait quoi que ce soit d'important? Je ne crois pas.
Trois ans à jongler avec contraintes du monde de l'entreprise, dureté du monde du travail, dures réalités de la vie pour certains. Trois ans à faire semblant de jouer les Quichotte? Même pas. Trois ans à essayer de faire du chiffre pour maquiller l'absence de politique sociale. L'absence de volonté de changer quoi que soit à la façon dont vont les choses. Trois ans et quelques à s'occuper quoi.
Expérience édifiante au demeurant; plongée dans un monde que je ne connaissais que de loin, traversée d'un pan de la réalité sociale.
J'enchaîne les traversées et les investigations d'espaces sociaux et au fond, mon plaisir est davantage à l'investigation de ces espaces qu'à remplir une tâche particulière à l'intérieur des différents systèmes où je me trouve.
Mon intérêt et ma curiosité me portent vers autant d'espaces professionnels non encore traversés, et ce que je vais y faire semble presque être secondaire. Le problème c'est qu'une fois dans le job, ça devient la priorité, plus de temps pour prendre réellement du plaisir à être là et à observer, il faut FAIRE. Et la question qui m'occupe en ce moment c'est quelle activité exercer pour prendre du plaisir à faire ce que je fais, et ne pas reléguer le plaisir au second plan. Bon, faut être clair, s'il n'y a pas toujours eu d'emphase pour ce que je faisais, il n'y aura pas eu trop de déplaisir non plus.
L'absence de plaisir ne signifiant pas déplaisir. En tout cas depuis un long moment il n'y avait plus de flow - y en a-t-il jamais eu? Pas de difficulté à se lever le matin pour aller bosser, mais pas de grand enthousiasme non plus. Un truc un peu neutre, bizarre. Enfin, pas si bizarre, juste la réalité du ressenti de leur job pour pas mal de monde sans doute. On y va sans déplaisir, mais on s'éclate pas en le faisant, ça ronronne et on s'en accommode, avec quelques éclairs de rébellion au milieu d'une forme d'indifférence du type: ça ou autre chose, ma foi...
Ca sentait la passivité. Bref, je n'en suis plus, j'ai rejoint les rangs des bons vieux chômeurs, histoire de gonfler un peu les chiffres dans un moment particulièrement critique - la courbe du chômage va-t-elle s'infléchir?
Donc je cherche et faudrait que je trouve une idée. Vous tiendrais au courant (mais ai-je un seul lecteur encore après deux ans? Sans doute pas). Bon, ben, je me tiendrais au courant moi-même par l'intermédiaire de mon blog.
Je mesurerai mes avancées à l'aune de ce que je viens d'écrire.
Hasta la proxima!


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