Hier j'avais la tête au soleil, aujourd'hui elle est entourée de pluie.
ça crachine sévère dehors, entre les vrombissements des grosses machines de fer qui rentrent au dépôt, plus un pet d'air, juste la pluie de novembre.
Les immeubles on tous la même gueule résignée.
Il faudrait aller voir ailleurs un peu; ça fait longtemps que je suis pas allée voir ailleurs.
Loin le temps des voyages dans des pays aux sonorités grésillantes -Brésil, douces - Lettonie, sages -Suède, étranges -Azerbaïdjan et caetera.
Déjà reculé le temps de l'été, le foin l'herbe coupée, la pureté de l'air juste avant l'avalanche de chaleur; la vie passera-t-elle aussi vite qu'a passé cet été?
Au programme, huîtres au marché d'Aligre, avec m & m (ça leur va bien). J'ai appelé Marina pour leur proposer de venir mais elle était en Bourgogne en train de petit-déjeuner. Je l'imagine dans une maison de famille confortable, assise au bord d'une table campagnarde en bois massif et sombre, trempant ses tartines dans un grand bol de café noir, tandis qu'on entend la pluie tomber au dehors, sur les vallons et les champs qui entourent la maison.
Moi j'ai toujours la même grue en face, immobile insecte des Villes, le museau allongé au-dessus d'un joli clocher ajouré et noir don ton n'entend que très rarement sonner les cloches.
Il faut que j'aille m'habiller. On ne peut aller manger des huîtres nue; et puis c'est novembre; et puis il pleut; et puis le froid sans doute à l'extérieur...
De partout ça ruisselle sur la ville, m'enfin grâce au métro, on n'en verra rien!


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